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 On the road again (nous étions jeunes et larges d'épaules...

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MessageSujet: On the road again (nous étions jeunes et larges d'épaules...   Ven 6 Jan 2006 - 13:47

Ceci est un rp pratique.
Il s'agit de l'histoire en temps "réel" de compagnons en route sur les terres de Sarwyen..
Leurs expériences heureuses ou malheureuses, les rencontres, leurs trocs et bons moments vous seront contés ici, dans un rp régulièrement mis à jour lors des aventures sur Sarwyen.
Le préambule est la rencontre entre le Capitaine Vegas InLove et Boadicea.
Et qui sait, d'autres se joindront peut-être à eux...

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PREAMBULE

Une journée de chasse.. Encore.
Vegas commence à s'ennuyer sur Kedrok, les journées se suivent et se ressemblent tellement, il a donné des coups de main à droite à gauche, est devenu un vrai voleur et suivi sa formation, il a étripé une reine des mygales, deux ogres, récupéré des gantelets maudits, cogné des fantômes... Tout ça.
Et ce matin comme tant d'autres, le voilà en route vers l'est à la recherche de chiens caillous, eux qui possèdent une carapace qui a tant de valeur, et permettent de s'entrainer sans trop de danger..

Vegas arrive près d'un pilier magique... Il est étrange mais pourtant rien ne semble émaner de celui ci, comme c'est paradoxal dites donc, et puis il a l'air d'être apparu là par magie, où alors l'équipe de maçon devait être une belle bande de pochtrons.

Toujours est-il que le felys commence sa chasse, sans trop s'amuser.. Il étripe du chien caillou à la pelle..
Au bout d'un moment, il est perturbé par la présence d'une jeune centauresse non loin... Qu'est ce qu'elle veut, elle ? Une rôdeuse, sans nul doute... Et voilà qu'elle va venir chasser par là, Vegas en est sûr.
Tant qu'à faire, autant que l'entraveuse de chasse tranquille récompense le capitaine lésé..

Alors Vegas jailli, telle une anguille, il est beau, véloce, il fend les airs et fonçe en direction de la bourse de la belle à cul de cheval.. Une belle pirouette, et blâm ! Vegas est par terre. Raté. Pas de gopis, là.. Mais le plus ennuyeux, c'est la centauresse qui vient de bander son arc, et qui semble bien décidée à récompenser à sa manière à elle l'aventureux chaton...

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Gâââw !
Oups, parti tout seul.
Un frémissement du côté de la besace de gauche, et voilà, une flèche de moins dans le carquois.
Bon, elle est où, cette flèche ? Boadicea a vaguement entendu un "ouap", perçu un mouvement, du côté du buisson, là. C'était quelque chose à fourrure, et qui allait vite. Quand elle y regarde de plus près, personne, le désert. C'est casse-pieds, quand même, ce maudit réflexe... C'est comme ça qu'on perd bêtement des munitions.

Gâââw !
Quoi, encore ? Cette fois le frémissement venait de la droite, et le "ouap" était nettement plus prononcé.
Elle ne fait qu'un bond à 180 degrés, et là... Un félys. Avec deux flèches dans le corps. Ahaaaa, c'était donc bien ça...

Ca fait qu'elle ne demandait rien à personne, bien tranquille à côté de son pilier, en train de souffler un peu, et qu'un malandrin sans scrupules s'avise de venir lui faire les poches ? Et pour rien, en plus, vu qu'elles sont vides, les poches! Tout dépensé en munitions et en potions, en vue d'une fichue expédition au fond d'une fichue grotte pleine de de fichues araignées (sales bêtes) et tout ça en plus pour même pas arriver tout au fond. A court de potions. Râlant au possible. Au départ, elle n'est pas du genre accomodant, Boadicea. Mais là en plus elle est d'assez mauvaise humeur.

"Il a eu un poil de chance, celui-là... se dit-elle en le regardant se redresser tant bien que mal, et tenter d'arracher le trait qui lui perfore la cuisse gauche, d'habitude je fais plus mal... J'ai pas pris le temps d'ajuster, sans quoi... "

Elle range son arsenal, se plante bien droit sur ses 4 pieds et croise les bras. On va bien voir ce qu'il va nous sortir, le visiteur de sacoches. Maintenant que je l'ai à l'oeil, ça m'étonnerait qu'il récidive, mais c'est bien la première fois qu'un allégeur de bourses s'attarde après avoir perpétré son forfait. Au fond plus curieuse qu'agacée, Boadicea attend.

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Bon, Vegas n'a pas l'air malin,malin... étant donné que les flèches du canasson ont bien failli le laisser sur le carreau et qu'il a encore l'esprit embrumé, le voilà pantois face à la centauresse...
L'idée maintenant est d'éviter d'exciter plus la rôdeuse, et d'éviter de passer pour un abruti par la même occasion.. Le baratin, voilà au moins un domaine où Vegas excelle à chaque fois.

> Ahaaa, bien joué, chère équidée, tirs précis, coups de reins ajustés, je m'incline, bon, je n'ai pas forcé outre mesure, hein... Je.. Quelque chose pourrait vous faire me pardonner mon outrecuidance ?

Dans le mille, la centauresse prend un air amusé, la pitrerie de vegas a fait mouche, au moins il n'aura pas à extirper une nouvelle flèche atrocement douloureuse de ses papattes..
Le capitaine ramasse son baluchon et sourit comme il peut à sa victime agresseuse, elle lui plait bien, la rôdeuse, déjà elle est plutôt jolie, ce qui ne laisse jamais le felys indifférent, même s'il doit lever le menton pour la regarder dans les yeux.

Notre pirate maladroit entreprend alors de partager un peu de bonne viande d'ours avec la centauresse, et voilà que les deux convives de circonstance sympathisent tranquillement, que Vegas se prend cette fois d'affection sincère pour la demoiselle et qu'ils échangent quant à leurs projets à court terme respectifs..

> Gniam, mum, gné, dis moi, tu cognnais gne chateau gne marla ?
> De ?
> Gn, miom, gne chateau gne marla
> Le chateau de Barla ?

Vegas a enfin fini sa monstrueuse bouchée
> C'est ça, connais tu cet endroit ? Je dois m'y rendre, c'est la route à emprunter pour retrouver mes compagnons..

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Ben voyons, et il s'excuse, en plus !
On aura tout vu.
Boadicea ne peut pas s'empêcher de sourire. Parce que franchement, allez, vous vous faites délester de rien, deux fois, par un illustre inconnu, qui s'attarde complaisamment à vous féliciter pour les deux traits que vous lui avez planté dans la bidoche, et qui EN PLUS vous demande comment se faire pardonner, allez, quoi, vous pourriez vous empêcher de rire, vous ?
Elle, non. Elle rit.
Un instant elle se demande si elle ne va pas l'envoyer lui chercher la tête de Tanédhel en guise de cadeau d'excuse, et puis non, tout compte fait, c'est trop rare ce genre de gens, faut pas laisser passer l'occasion de tailler une bavette et de rigoler un petit peu... Les rencontres les plus inattendues sont souvent les plus agréables, alors au diable les précautions, elle s'installe franchement à côté du félys (non sans garder son arc a proximité, non mais des fois, faudrait pas la prendre pour une nouille, non plus...) et les voilà en train de saucissonner de très cordiale façon...

N'empêche, c'est quand même une fameuse surprise quand le sujet du château de Barla tombe sur le tapis... Il lui faut plusieurs répétitions pour être sûre d'avoir bien compris (et pas seulement parce que Vegas, ce malappris parle la bouche pleine...).

- Ben euh, oui, je connais un peu. Note je ne suis pas chaude pour y retourner tout de suite, au château... J'ai eu quelques pépins dans les souterrains, il y avait...

Elle s'interrompt. Bizarre, l'instant d'avant elle paraissait détendue et à l'aise, et là, tout à coup, elle se crispe et elle frissonne. Son regard est devenu inquiet, et ses mains se sont refermées sur ses bras, comme si elle avait froid. Quand elle regarde à nouveau Vegas, il y a un truc nouveau dans ses yeux noirs. Ce n'est pas de la méfiance, pas vraiment...

- Pourquoi tu me demandes ça, au juste ?

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Le capitaine songe un instant qu'il pourrait bien avoir dit une connerie..
Ben quoi, elle a un souci avec Barla, la belle ?

> Je te demande ça parce que je dois m'y rendre dans un avenir proche, parce que j'aime pas bien me balader tout seul et qu'une centauresse aussi habile à l'arc que toi ferais une chouette alliée..
Allons cocotte, sois mignonne, pas la peine de me toiser de la sorte..
le joli fanion que tu portes m'indique que tu es une gentille, une adoratrice d'une déesse de la nature.
Ouaip, j'ai l'oeil, t'as vu, donc me la joue pas sauvageonne, on a tout les deux à gagner dans cette alliance de circonstance, je me faufile, je tate le terrain je suis discret et rapide, je peux t'en apprendre..
Tu es une pisteuse et une habile combattante, on a besoin l'un de l'autre..


Il regarde la centauresse, qui lui rend son regard mais plus dans un style interloqué.. Quoi, on se connait à peine, il vient d'essayer de me tirer ma bourse et là il me propose qu'on se fasse une confiance aveugle...
Certes.
Mais Vegas a la bougeotte,, il veut filer, il n'a plus rien à faire en ces terres...
Certains de ses amis Ithryn sont déjà dans le château, et il espère bien tomber en chemin sur Alyssandre, la jolie rouquine ou Kari, le discret nain, pour causer et festoyer un peu..
Ashkrrr est aussi dans le coin, mais le bougre hésite à accompagner Vegas.
La rencontre avec cette centauresse tombe donc à pic. Une alliée de circonstance, une de confiance, en tout cas elle en porte le blason la bougresse.
Le capitaine a trop bourlingué pour accorder confiance facilement, mais cette centauresse là inspire un climat apaisant.

> Tu veux m'accompagner ? A mon campement pour le moment, rassure toi, nous pourrons nous y restaurer de meilleure manière et je t'y présenterai mes compagnons.
Je suis le capitaine vegas InLove au fait, pirate retraité, chapardeur et grapheur à mes égarées heures...
Allons, suis moi.

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Dernière édition par le Ven 6 Jan 2006 - 14:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: On the road again (nous étions jeunes et larges d'épaules...   Ven 6 Jan 2006 - 13:48

Sauvageonne, sauvageonne, non mais ça va, oui ?
Ca fait qu'il sait rien d'elle sauf que sa bourse est plate, et il est déjà en train de la brusquer, le malandrin ? Hooooola ! Deux minutes, matou...
Le regard un peu hanté de juste un peu avant vire à franchement agacé, voire courroucé... Elle est à deux doigts de lui rétorquer vertement qu'elle aussi quelques petites choses à lui apprendre, à commencer par le minimum vital en matière de courtoisie et de délicatesse, ainsi que quelques détails désagréables concernant les souterrains du château, alors qu'il arrête un peu de faire le malin, mais le félys reprend la parole de justesse...

Bon, il se présente. Il se calme un peu, on dirait. Boadicea prend quelques secondes pour dissiper la fumée qui commençait à lui sortir des naseaux (euh, narines). Elle réfléchit rapidement. Sa première tentative en solo a été un échec cuisant. Total. Traumatisant. Humiliant. Prouf tout droit dans le piège à cons. C'est pas la faute au capitaine si il n'en sait rien, vu qu'elle ne lui a encore rien raconté. Alors on va gentiment se calmer, être une gentille centauresse bien élevée. Hmmmmpf, fouuuuh, inspiration, expiration.

- Il se pourrait que ça m'intéresse, oui. J'aimerais y réfléchir un peu mieux, mais a priori je ne dis pas non. C'est tout sauf de la rigolade, par là, et j'ai aucune envie d'y retourner seule.
Elle se lève et se plante carrément devant le félys, le regardant (forcément) de haut, mais surtout carrément dans le blanc de l'oeil (ou dans le vertical de la pupille, enfin bon, c'est une expression, on va pas chipoter).

- Juste une chose : je veux bien t'accompagner à ton campement. Mais quelle garantie aurais-je que tes petits copains ne vont pas, eux, faire une couverture avec ma peau AVANT de visiter mes poches ? Parce que si t'as l'oeil, moi aussi. Et le gros machin verdâtre qui m'a collé deux baffes sans sommation il y a quelques temps, en parlant de fanions, eh bien il se trouve qu'il avait le même que toi ! Désolée d'être méfiante, mais j'ai rien d'un percheron, et devant des calibres pareils, je suis pas de taille. Alors me faire rétamer pour les trois miettes qui traînent dans le fond de ma bourse, je crois bien que je la trouverais un peu saumâtre !
Voilà. Si tu passes devant je te suis. Tu brandis ton caleçon en guise de drapeau blanc, tu affiches "rien à piquer - peine perdue", n'importe quoi, je m'en fiche. Mais j'ai pas envie de devoir sauter sur mon arc au moindre changement de direction de la brise.
Désolée de refroidir ton bel enthousiasme. Mais tu admettras que j'ai pas vraiment de raisons de te faire confiance, pour l'instant.

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Vegas regarde Boadicea avec beaucoup de sympathie.. Elle a du mordant, la jument... On dirait le capitaine en femelle, ce qui promet une sacrée ambiance s'ils font route ensemble, les bougres.

> Il n'y a pas de problème, chère centauresse, les miens sont accueillants et distrayants, tu t' y sentiras à l'aise..
Pour ce qui est de ta bourse, si tu es avec moi personne n'y touchera, c'est qu'on on sait recevoir ! Tu as ma parole. Reste le souci Ashkrrr, oui, effectivement, tu as fait connaissance avec sa hache, huk huk huk huk !! Il n'y a pas de misères ! Il sait se tenir aussi, tu sais, tant qu'il a l'estomac bien plein, c'est un agneau, le même qu'il a dans l'estomac justement !
Allons, suis moi ce n'est pas très très loin.

Le duo incongru se met en route, ils traversent un bois, discutent et échangent quant à leurs aventures antérieures, ces deux là ne sont pas du genre à étaler leur passé, aussi la discussion tourne vite à la surenchère de boutades et autres bons jeux de mots.
Arrivés à la lisière de la foreêt où les Ithryn Luin ont élu domicile, Boadicea est nerveuse.. Vegas la remarque aux aguêts, prête à dégainer son arc.
Il lui sourit pour la rassurer.
Et ils pénètrent dans la forêt, on croise quelques bêtes, et ils arrivent à proximité d'un lac..

> Le campement n'est plus très loin...

Remarquant le regard interrogateur de Boadicea, Vegas enchaine :

> Ah oui, ça c'est Edrahen, il aime se baigner à poil, l'est beau mâle, non ?
Vegas adresse à l'homme nu qui nage allègrement un signe de main amical, lequel lui retourne en souriant. Boadicea éspère qu'il ne s'agit pas là d'un rite obligatoire pour tout visiteur.
Plus loin, Ils croisent la route d'un jeune elfe espiègle qui salue la centauresse de bien belle manière, et qui s'enfuit tout à coup en courant, lorsque déboule une jeune femme semblant ébervée qui le poursuit.
Passant à la hauteur du duo de circonstance, elle adresse un regard noir à Boadicea puis un clin d'oeil à Vegas.

> Huk huk huk huk !! Eldahin et ChimericSpirit, sont turbulents !
Vegas conduit sa nouvelle copine vers le centre du campement, non loin du coin cuisine, il lui propose de se reposer un peu le temps d'aller chercher de quoi se restaurer...
Boadicea ne reste pas longtemps seule, le capitaine est de retour avec un panier rempli de légumes et de terrines de ferme arômatisées à divers alcools..
Il est aussi muni d'un ballot de paille..

> Et voilà madame ! Le campement des Ithryn Luin ! Ahaaa, le confort est rudimentaires, mais c'est chalereux comme les jupons d'une catin du port !
La centauresse regarde Vegas a cette dernière remarque, depitée.

> Heu.. On va pique niquer un poil, regarde moi ces succulents mets, tu manges pas que des carottes, rassure moi.. Huk huk hukhuk, voilà aussi de quoi te faire une chouette paillasse pour la nuit.
Ah oui, car tu dors là, la nuit va bientôt tomber et les environs ne sont pas sûrs, toute rôdeuse que tu sois.
Je dors à côté, t'inquiètes, si Ashkrrr approche, on l'entendra de loin !


La nuit tombe vite sur le campement Ithryn Luin, ce soir, pas d'orgie spéciale, on entend quelques chants près du feu de camp, dans une ambiance gentillette...
Paisiblement, La centauresse s'endort.

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Et rêve.

Elle est de retour chez elle. Les bois sont silencieux, tous les sons étouffés sous la neige. Le givre gaine les branches nues et les pare de cristal étincelant au soleil hivernal. Elle marche seule, blanche au milieu de tout ce blanc, presque invisible. Le soleil est pâle dans le ciel pur, il ne chauffe guère, et pourtant elle sourit, les yeux mi-clos, quand elle lève les yeux sur lui. Elle n'a pas froid, elle n'a jamais froid, elle a l'habitude de courir ces bois vêtue d'une simple cape et des sangles de ses armes.

Le village est tout près, elle le sait, ils sont tous là, derrière ce tertre, plongés dans leur étude, dans leurs livres, poésie, histoire, sciences, ils vivent dans un monde de parchemins et de tablettes, mais sa vie à elle est là, dans ces bois, l'arc à la main. Les lynx et les loups ne s'approcheront pas des poulains tant qu'elle et ses trois compagnons seront là à leur poste. Elle sourit. Elle se sent heureuse, paisible. A sa place.

Puis elle contourne un rocher, un rocher qu'elle connaît bien pourtant, mais elle trébuche et tombe à genoux. Plus de soleil d'hiver, plus de neige immaculée, elle s'effondre dans le cloaque puant, dans l'enfer obscur des souterrains de Barla, peuplé de morts et de choses contre nature, au pied de cette vieille croix, cette croix maudite. Les siens sont loin, perdus pour jamais, et elle est seule, seule, seule, et perdue...

Dans la vase glauque quelque chose bouge pourtant, elle voit un jeune homme qui nage, il lui fait signe en souriant. Le marécage fétide est devenu un lac bordé d'un bois. Le ciel est de nouveau là. Elle sent à nouveau la nature vivante autour d'elle, voit passer sous ses yeux un elfe et une humaine qui suivent un félys en riant. Tout est à nouveau vivant, elle est sortie des boyaux immondes, et pourtant l'angoisse fait des noeuds dans ses entrailles. Quelque chose ne va pas. Ce qui l'effraie, ce n'est pas que l'efle est accroché à la queue du félys et la femme aux oreilles de l'elfe, et qu'ils avancent en faisant des bonds invraisemblables, mais c'est qu'ils la fixent tous en passant, les yeux exorbités, et que leur rire est un ricanement. De l'homme nu dans le lac elle ne voit plus que les pieds, mais même ses pieds ricanent. Alors elle se retourne subitement et derrière elle, il y a une montagne bardée de ferraille, verte avec des crocs, une grande hache levée au-dessus de la tête, et ça rit aussi, très fort.

Tellement fort qu'elle se réveille.

Tremblante, le souffle rauque, la peau recouverte d'une pellicule de transpiration. Les yeux écarquillés, la bouche ouverte, haletante, elle scrute vivement la nuit.

Plus de machin vert.

Tout est calme, le feu a baissé. Elle entend les oiseaux de nuit, derrière les battements affolés de son coeur. Un petit bruit sur la gauche. C'est le capitaine qui dort. C'est marrant, il ronflotte un peu, ça sonne comme un ronronnement de chat entrecoupé de petits reniflements. Doucement, elle se calme. Respire profondément, plusieurs fois.

Elle est toujours agenouillée dans la paille fraîche. Les reliefs du repas de la veille sont là, à côté d'elle. Elle se découvre une faim de loup, et fait un sort à un pâté de lièvre aux morilles, qu'elle n'avait pu honorer la veille pour cause de totale satiété. A présent calmée, elle se redresse doucement, sans bruit. Vegas dort toujours, son drôle de petit ronron la fait sourire. Elle fait quelques pas autour du feu, s'éloigne jusqu'aux bois et s'arrête. Elle goûte un instant la quiétude de la nuit, puis se retourne vers le campement. Etrange, un peu hétéroclite, mais accueillant... Et incontestablement exempt de choses vertes à crocs de 10 mètres de haut.

Allez, ça suffit maintenant. C'est quand même pas la première baffe que tu prends, andouille. C'est pas nécessairement parce que pour une fois tu dors au milieu des gens que tu vas t'en prendre plein les dents. Même si tu les connais pas. Même si l'un d'eux en voulait à ta bourse. Et qu'un autre s'est amusé à aiguiser sa hache sur ton dos.

Euh...

Bon, mieux vaut penser à autre chose. Y'a du boulot demain. Au lit, canasse. (féminin de canasson, c'est pas une faute de frappe... ;-)

Elle retourne en silence mais d'un pas décidé vers la litière de paille et le félys endormi. Elle se recouche doucement, et reste un instant la tête appuyée sur son bras replié, à regarder à travers le feu. Puis ses yeux se referment. Et elle se rendort, cette fois sans rêver.
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MessageSujet: Re: On the road again (nous étions jeunes et larges d'épaules...   Lun 9 Jan 2006 - 16:18

- Allez, hop ! Debout, on y va ! Hein, allez ! On y va ? Ca traîne !
- Mpfgnhein ?


Boadicea ouvre un œil vaseux, et encore, seulement à demi, et le traître se referme tout seul. Elle replonge dans le sommeil profond et paisible où elle flottait encore quelques secondes plus tôt…

- Bon ça y est ? On y va, là, c'est l'heure, allez, tu te bouges, oui !

La litanie s'assortit cette fois d'un shoot bien ajusté quoique plutôt mesuré, qui lui secoue rudement l'épaule. Elle rouvre l'œil, péniblement, arrive même à ouvrir le deuxième, le tout pour apercevoir dans la pénombre un félys survolté qui fait des petits bonds autour du feu mourant. Il fait nuit noire. Tout le monde fait dodo. Sauf l'autre ahuri qui rebondit en rond autour d'elle en la houspillant…

Elle grogne, geint, se redresse par quel miracle, on ne sait… Mais à un moment, bien trop tôt à son goût, mais pas encore assez à celui de Vegas, elle se retrouve debout sur ses 4 pieds, plantée comme un piquet de clôture, les bras ballants, la lippe pendante. Et l'autre de continuer sa danse, bing bing bing scrotch (la paille) bing bing… Increvable. Ooooh y m'fatigue, tiens. J'me remettrais bien 5 minutes…

Intention immédiatement perçue et contrecarrée par le félys, qui lui, trouve que minuit pétante est une très belle heure pour se mettre en route, et que ça bouchonnera moins, et que comme ça on n'aura pas trop chaud, et que tu vas te bouger, à la fin, carne idiote ?

La carne idiote a beau avoir le réveil difficile, et ne pas être du matin surtout quand le matin commence à cette heure-là, elle a pas pour autant envie de se laisser traiter de la sorte par un minou surexcité, non mais des fois. Pas compliqué. A la spire suivante que le capitaine décrit sur lui même, il se retrouve nez à nez avec une centauresse au regard lourd de menace, penchée en avant, les poings sur les hanches.

- Tu disais ? (rhôôôô le ton de voix… Y'a des ours qui grognent de manière plus suave…)
- Euuuuuh, moi ? Je disais quelque chose ? Voyonsvoyons, c'est bien possible, qu'est-ce que je disais, moi ? Ah oui, j'ai trouvé, je disais EN ROUTE, belle compagne, le château nous attend !

Mmmmwais. Ca ira pour une fois. La centauresse ramasse son barda sans quitter le félys de l'œil (noir de nature, mais là, c'est bizarre, il est encore plus noir que d'habitude…). Rhabillée de sa cape, les armes en place, la besace à l'épaule (et le maigre contenu de la bourse vérifié à tâtons, discrètement, on sait jamais), elle jette un dernier regard sur le campement. Soupir. Eux au moins ils dorment. Ces félys ! Pourquoi faut-il que ces foutues bestioles soient nocturnes ? Enfin…

Elle se met en route derrière le Capitaine qui, déchaîné, cabriole loin devant au bord du lac. Elle le rejoint plus tard, une fois qu'il s'est un peu calmé. Entre temps elle s'est un peu réveillée, elle est en mesure de résister à l'envie pressante de l'envoyer d'une ruade dans l'arbre le plus touffu possible et de repiquer un charmant roupillon en attendant qu'il se décroche… Pendant quelques temps ils progressent côte à côte, et quelques heures plus tard, Bourgidus est devant eux, pris entre les ruines et la falaise. La lueur de l'aube se dessine à peine à l'horizon quand ils pénètrent dans la ville. Chacun de son côté, ils partent faire quelques courses (Boadicea se fait renflouer en flèches par un marchand à l'œil aussi glauque que les siens quelques temps plus tôt…), et se donnent rendez-vous sur l'île.

Et puis voilà. Nous y sommes, se dit-elle. Elle lève les yeux sur l'étrange porte ronde. Un frémissement parcourt son dos, elle a un peu les chocottes, Boadicea. La dernière fois qu'elle a franchi ce portail, inconsciente et pleine d'entrain, elle a failli laisser sa peau quelque part derrière… Anxieuse, elle jette un regard vers le Capitaine, debout à ses côtés. Jusqu'à quel point pourra-t-elle compter sur lui ? De quelle aide lui sera-t-il dans les souterrains glacés abritant de la charogne qui marche, dans les couloirs fourmillants de gardes mal intentionnés ? Elle frissonne, elle le regarde, lui qui, les yeux extasiés, fixe le portail en dansant presque sur place tellement il est pressé d'y aller.

Y'a pas d'avance, ma grande. Tu te lances ou tu prends racine ici…

Elle pousse un gros soupir. Puis elle se met en marche. Sans un regard en arrière, elle traverse le portail et disparaît. Plein d'ardeur, le Capitaine bondit à sa suite dans les ombres de Barla.

Derrière eux, Kédrok dort encore. Le soleil n'est toujours pas levé…


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Partie I : Arrivée au château

Et voilà l'équipée qui débarque au sein d'un souterrain sombre, sâle, humide, puant.. Charmant.
L'endroit est peuplé de blobs tout verts, ils sont lourds et mieux vaut éviter d'y toucher, ils sont irritants..

Boadicea prend de l'avance tandis que Vegas entreprend de jouer du sabre avec les bestiaux.

> Milles putains moustachues ! Sont coriaces ces saloperies !! Hééé ! Attend moi !

La centauresse est de toute évidence plus habituée des lieux que le felys, qui pourtant est venu une fois, rasant les murs, se mêlant à la pénombre, afin d'acheter du matériel..
Leur objectif : Le jardin, Boadicea connait ce lieu et tient à montrer à Vegas Une souche des plus particulières.;
Qu'à cela ne tienne, Vegas tente de suivre la centauresse, il ne connait pas les lieux et il commence à avoir un poil les chocottes, Un garde surgit tandis qu'il met un pied dans la bibliothèque...

> Heu... Hello, je suis le cap..
Le militaire ne semble pas enclint à raconter sa vie et il assène au malheureux capitaine un bon coup dans la tête, Vegas se relève pour esquiver le second, il sort sa toute nouvelle rapière, en ivoire, un magnifique objet, et le voilà brettant face au soldat qui semble comme enragé, et hop, une botte du Lovistan m'sieurs dame !
Et zaaag, une pirouette que le capitaine semblait oubliée, ses reflexes de bretteur semblent intacts, il sautille, manie son instrument avec aisance, contourne le garde, se redresse, bondit et place une touche ajustée et évidente qui transperce le coup du facheux...

> Hem... Hé hé hé, je disais, je suis le capitaine Vegas InLove..

Il retrouve sa nouvelle équipière à l'entrée du jardin..

>>> La souche est là bas, je te conseille d'y jeter un oeil...

Vegas s'execute, tiens, on croise des aventuriers par ici, z'ont la classe, sont bien équipés..
Et ces bouuuurses !! Celles accrochées à leurs ceintures, hein..
Le capitaine est de nouveau envouté par le démon du vol et de la possession, délaissant sa copine qui gambade dans ce magnifique jardinet, il s'en va à la rencontre des quidams, ôte des bourses, il se régale, ses investissements des derniers jours seront bien vite remboursés..
Tiens, en voilà un autre et hop ! Et meeerde.. Vlam ! Un bon coup de massue sur le crâne et Vegas File à la recherche de Boadicea...

Aaaaarghh...
Un gros bestiau se trouvait sur sa route, l'attaque est furtive, Vegas ne put esquiver..
Le voilà qui se réveille non loin de la souche décrite par Boadicea..

> Drôle d'endroit... Mais dangereux, mazette ! Il va me falloir à l'avenir me faire discret, discret...

Le réveil est difficile, petit mal de crâne quand même, mais bon, il en faut plus pour arêter le felys, qui savoure son tout nouveau terrain de jeu..
Près d'un coffre, une foule se masse, une bonne vingtaine d'aventuriers divers, lesquels discutent, font la sieste, le tout dans une ambiance chaleureuse, c'est beau, c'est frais, c'est un endroit idéal pour escamoter..
Après cett escale, le capitaine reprend sa route guilleret.
Arrivant non loin d'un temple, Le capitaine remarque une vieille connaissance.. une habile voleuse qu'il a déjà croisé sur Kedrok..
Qu'à cela ne tienne, elle lui avait de manière très charmante fait les poches, cette fois, c'est lui qui emportera la mise !!
Le voilà qui jaillit en direction de la bourse de la felys, un coup de patte ajusté et hop ! quoi ?!! Deux gopis ? Pas possible !, il retente le coup et.. Et meeeerde,la felys le regarde droit dans les yeux, avec un air qui en dit long...

> Hem.. héhé, comment ça va toi ?! Mal fréquenté ce jardinet, non ?


Entrée en scène de Nédra...

Voilà que j'étais fort bien tranquille à deviner des formes burlesques dans le ciel et l'on vient me déranger de la sorte !
C'est bien un coup du capitaine ça, tiens !
A peine avais-je eu le temp de me poser à l'ombre d'une jeune pousse de fougère que j'avais sentit sa main poilue et fébrile s'introduire doucement dans la poche gauche de ma veste... venant caresser les formes valonnées de ma poitrine au travers du fin vêtement. Il aurait eu meilleur temp de s'éclipser plutôt que de me laisser le temps de me retourner, m'enfin... je ne pense pas que quelqu'un arrive un jour à comprendre le sens entier des gestes du capitaine... un artiste avant tout cet homme là !

> Et bien, et bien ! Que vois-je devant moi. Ne serait-ce pas ce mignonet capitaine qui ose prétexter me faire les poches pour approcher en douce et tenter d'éffleurer ma douce peau ?

Je le dévisage alors d'un regard noir à l'égal du geste qu'il venait de commettre pour lui faire comprendre que je n'apprécie guère ces manières sournoises... et il ne fallut pas longtemps pour que le chaton se lance dans la représentation de l'une de ses comédies dont il a le secret, dans l'espoir de m'apitoyer...



> Allons allons, chère NEdra ! Comment blâmer ma faiblesse face à tant de charmes et de délicatesse ?
Si ni précis ni courtois fut mon geste, ton regard est bien lui celui d'une déesse !

Sautant sur lui même, entamant une roue approximative
> Il fait beau, je suis heureux, je promène et je te retrouve rêveuse, distraite, rayonnante... Allons allons, ne soit pas rancunière, je m'en vais te laisser de ce pas, mais il est une chose que j'espère, c'est une douce parole de toi..

Le capitaine, content de son numéro, se retourne et feint la moue, tandis que NEdra, le nord toujours en vue, en profite pour lui fouiller la poche à son tour..


> Oh mais que vois-je ? Deux pièces d'or, ne serait-ce là les miennes ? Oui bien sûr que oui, désormais elles sont mienne... Allons mon chaton, ne fais donc pas une tête si désespérée !

Je m'approche alors du coquet capitaine, consciente de son habituelle mais attendrissante pitrerie , pour passer ma main dans sa douce chevelure.

> Cela me fait grandement plaisir de te revoir tu sais. Ne pars donc pas tout de suite et faisons un brin de causette ensemble, ne veux-tu pas ?
A ces mots, Vegas virevolte avec energie sur ses talons, trahissant sa mise en scène. Il regarde sa congénère avec enthousiasme et grand sourire, faignant l'attente...

> Aller mon beau ne te fais pas désiré plus longtemp va. Voilà ce que tu veux...

Je laisse mes lèvres glisser quelque instant le long de sa peau, venant mouiller tendrement sa joue gauche, rougissante de plaisir.

* Ahhh, ce capitaine, émoustillé au moindre baiser *

Je lui pris alors la main, lui souriant tout aussi pareillement. Au moins cette fois, je sais qu'il ne pourra rien tenter à mon insu...



Mais c'est qu'elle me drague, la NEdra !
Hem.. il est vrai que les bordels de bourgidus sont loin et qu'il y a un moment que je n'ai pas profité des plaisirs de la chair en ces lieux..
> Hum, voui... Ces deux pièces sont à toi ? Mais que dis tu de cela ?

Et voilà ce sacré vegas qui ressort son plus vieux tour de pirate, il prend son regard de braise, fatiguée mmais tout de même ardente, fixe NEdra dans les yeux tout en lui passant la main dans les cheveux, d'un tour de passe passe, il en sort.. Un bouquet de délicates et raiches fleurs du jardin..
> Aurais tu égaré ces beautés ? Elles siéent pourtant tellement à ton teint nacré...

Les deux voleurs se regardent dans les yeux, tandis qu'au loin, Vegas entend des plaintes, des cris, non plutôt de appels à son encontre..
Boadicea !
Ce distrait joli coeur avait oublié la centauresse qui l'accompagne ! Il serait de mauvais ton de la laisser le chercher encore.

> Mes hommages, ma belle, et cette fois je dois filer...

Le capitaine offre les fleurs à NEdra et fonce à travers le jardin retrouver la rôdeuse.

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MessageSujet: Re: On the road again (nous étions jeunes et larges d'épaules...   Lun 9 Jan 2006 - 16:19

Y'a vraiment des gens sur qui on peut pas compter. J'le savais. Ouille.

Alors que Boadicea se redresse avec un clocher de cathédrale à midi à la place de la caboche, elle constate (mais est-ce vraiment une surprise) que le jardin autour d'elle est désert. Pas l'ombre d'un poil de félys. Et voilà, et du coup elle est s'est fait exploser la tronche par non moins de 7 gros meûchants, sur lesquels elle a même pas pu riposter pour cause de plus de flèches rangées dans le mauvais sac. On n'est pas plus con. Ce qui fait qu'elle est furieuse contre elle-même. Et pas très bien disposée envers le monde. Décidément, de ces temps-ci, elle est pas souvent de bonne humeur…

Et tout ça dans la plus grande indifférence de la part du Capitaine. Au son, il est en pleine conversation galante. Non mais j'te jure, ces mecs, ils savent pas se tenir. Et pendant que môôôssieur suit les injonctions de sa testostérone, moi je me fais démolir le portrait. Attends voir… Elle prend une profonde inspiration, et déploie son organe vocal dans toute sa puissance… (et des poumons de cheval, ça fait du volume…)

- Vegaaaaaas ! Ca va comme tu veux ?


Et comme de juste, voilà le félys qui rapplique en se lissant les moustaches, le regard faussement innocent, avec tout d'un chat qui aurait trouvé un grand pot de crème qui ne lui était pas destiné…

- Ah, tu es là ? On y va ? Je t'attendais, moi !

Ouhhhhhh. Calme calme câââââlme. Souris. Non, pas grimace, souris j'te dis. Na, voilà. On y est presque.

- Quand tu veux mon cher. Juste le temps de me remettre des agressions dont j'ai été l'objet ces dernières heures et on y va…

Vegas a l'intelligence et le bon goût d'afficher un air contrit, ce qui suffit à calmer la centauresse… Après tout c'est de sa faute à elle, aussi… On n'a pas idée d'être aussi débile…

Les deux compères démarrent vers le château. Tout de suite, Vegas entraîne Boadicea vers la grille d'accès aux souterrains… Et c'est marrant, mais plus ils s'en approchent, moins elle avance vite, elle. Et même, à quelques pas de l'entrée, elle s'arrête tout à fait… Intriqué, Vegas se retourne, il ouvre la bouche pour la presser d'aller et l'avant, mais s'interrompt en voyant sa tête…

Alors là… Il avait jamais vu ça, le Capitaine. Elle est carrément pétrifiée. Plantée sur ses jambes raidies à trembler. Les dents serrées, le regard fou… Elle est affreusement pâle, et elle respire trop vite, à petits coups…

Oulà, c'est du sérieux… Le Capitaine fait 2 pas vers elle, et lui touche doucement le bras. Elle frémit violemment et tourne vers lui ses yeux chavirés.

- Je peux pas. Désolée. Je peux pas. Pas comme ça.

Elle a l'air à un cheveu des larmes. Complètement démolie… Vegas hésite un instant, en se demandant quoi faire. Puis s'assied au bord d'un des lits qui garnissent la pièce. Sans rien dire, il s'installe, puis il la regarde. Elle reste immobile un instant. Puis, d'une démarche mécanique, artificielle, elle s'approche de lui, elle soupire un grand coup et elle lui explique.

Elle ne lui cache rien. Pas même la bêtise dont elle a fait preuve en s'aventurant seule et trop inexpérimentée dans le cauchemar, là-dessous… Pas même le geste étourdi et fatal qui lui a fait choisir la vieille croix délabrée, là bas tout au fond, comme point de ralliement… La boue, les monstres puissants et terrifiants… Les heures passées à essayer de repartir par le couloir, son corps désarticulé ramené chaque fois, inexorablement, au fond du piège… Elle parle à voix basse, tremblante, les yeux baissés. Plus rien de la grande gueule que Vegas croyait connaître. Il n'y a plus devant lui qu'une sorte d'enfant terrifiée, craignant la survenue de la nuit qui va l'obliger à revivre le même cauchemar… Ca ne la soulage pas vraiment, de raconter tout ça. Ca lui remue pas mal de trucs, par moment elle sent qu'elle a les yeux humides, pour quelle sorte de trouillarde elle va se faire passer encore, mais elle s'en fout, ça doit sortir, qu'il pense ce qu'il veut. Puis, tout à coup, elle se rend compte qu'elle a fini son histoire. Alors elle se tait. C'est le silence, puis le Capitaine prend la parole. C'est la première fois qu'elle l'entend parler si doucement…

Il essaie de la rassurer, de lui dire qu'elle est plus forte, à présent. Qu'elle ne sera pas seule, qu'il sera là aussi, et puis qu'il suffit de ne pas refaire la même erreur, c'est tout… Mais rien à faire. A l'entendre, ça lui remonte à nouveau, elle s'affole, elle panique, elle essaie de lui faire comprendre mais il ne comprend pas, les squelettes qui se dressent sous ses pas et qui lui assènent des coups mortels, les flèches ridicules qu'elle essaie de leur décocher, trop faibles, trop fines, et la réserve de potions qui baisse…

Dans le regard de son interlocuteur, il y a un rien d'agacement, à présent. On n'y arrivera jamais à ce train-là… Comment est-ce que je vais bien faire pour la décider, cette bourrique ? Et là… Eclair de génie.

- Et si tu avais un meilleur équipement, tu te sentirais mieux, là en dessous ?

Elle le dévisage de ses grands yeux noirs. Elle ne comprend pas.
- Un meilleur équipement ? Mais… J'ai que ça, moi… dit-elle en désignant, pitoyable, son arc léger et ses flèches quelconques… Et c'était déjà ça que j'avais la première fois !

Et c'est là que Vegas lui largue son plus éclatant sourire…

- Et moi j'ai ça !!!

"Ca", c'est une bourse rebondie, emplie de gopis au joli bruit tintinnabulant… Boadicea ouvre de grands yeux ébahis… Y'a bien 1000 gopis, là-dedans…

- De quoi t'offrir une ou deux petites choses intéressantes, non ? Je t'en prie, c'est de bon cœur, l'argent est plutôt facile dans le coin… ajoute-t-il avec un petit air satisfait…

Aïe. C'est juste ça qu'il fallait pas dire… Boadicea fronce très légèrement les sourcils.

- Tu me donnerais cet argent ?
- Ben oui !
- Pour m'acheter un arc plus puissant ?
- Ben oui !
- Sans rien me demander en échange ?
- Ben non !
- Oui mais je peux pas accepter ça !
- Ben non ! Euh… Quoi ? Et pourquoi ça ?
- Cet argent tu l'as volé.
- Ben oui !
- Et ?...
- Et quoi ?
- Non seulement je ne peux pas accepter un tel don, mais en plus il s'agit d'argent volé. Je ne peux pas te reprocher ta façon de vivre, mais je ne veux pas m'y associer, même comme ça, même si j'en ai besoin. Voilà.


On dirait qu'elle a repris du poil de la bête, Boadicea. Elle est moins tendue, elle a perdu son air affolé et repris son attitude de mère-la-vertu… Pfff… A la limite… Nââân. C'est mieux, quand même. Le Capitaine se creuse la cervelle. Il faut aller dans ce souterrain. Il faut qu'elle l'accompagne. Il faut donc qu'elle accepte cet argent.

- Bon, et si on dit que c'est un emprunt, ça te va, comme ça ?

La centauresse réfléchit un instant. Puis son visage s'éclaire d'un sourire.

- C'est d'accord.

Le Capitaine se frotte intérieurement les mains, extérieurement il arbore un radieux sourire. Et il pousse même la courtoisie jusqu'à l'accompagner chez le p'tit vieux qui vend l'arc de ses rêves. Ils passent quelques temps dans la boutique, il la regarde essayer plusieurs capes et couvre-chefs, et se regarder dans le miroir d'un air d'envie… Il en profite pour lui glisser qu'avec le paquet de pognon qu'ils vont se faire ensemble dans ces souterrains, elle pourra s'offrir cette dé-li-cieuse capuche qui lui va si bien, et ses yeux étincellent… Ah ces femmes… Toutes sans force devant le moindre bout de chiffon…

N'empêche que ça marche.

Après sa séance de shopping, Boadicea se sent mieux. Plus assurée. Elle sort de la boutique, et tombe tout droit sur un malheureux hallebardier qui aurait bien mieux fait de rester dans son lit ce matin… Une, deux flèches, et ciao ciao, le hallebardier… Waw. Ca c'est de l'arc. Radieuse, le sourire victorieux, Boadicea se retourne vers Vegas. Et le temps d'une fraction de seconde, elle lui plante un petit bisou léger sur la joue. Quand elle s'écarte, elle a de nouveau ce pli au coin des lèvres, cette ombre dans le regard, ce petit quelque chose de l'animal en chasse…

- Je ne sais pas comment te remercier ! Bien sûr je te rendrai chaque gopi. Et maintenant…

Elle brandit l'arc blanc tout neuf.

- Allons exploser du squelette !!!

Et elle part au galop dans le couloir, projetant du garde un peu partout sur les murs… Un sourire carnassier sur son visage félin, Vegas bondit à sa suite…

Va y avoir du sport !!!
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MessageSujet: Re: On the road again (nous étions jeunes et larges d'épaules...   Lun 9 Jan 2006 - 21:34

Bordel à couilles de merde à machin... A pensé le capitaine à la vue de Boadicea parfaitement tétanisée à l’idée d’entrer dans le souterrain à nouveau..
Alors c’était ça, son traumatisme, ce qui la faisait changer de conversation dès qu’on abordait le sujet «souterrain».
ca n’a pas l’air rigolo là en bas, et voilà que le principal atout de Vegas dans son exploration du château semble prêt à lui claquer dans les pattes..
Le capitaine est un voleur, habile, véloce et discret, certes, mais bien incapable de rosser une brute si le besoin s’en fait sentir. Pour entrer là dedans, et dans toute son entreprise, il a besoin de solides alliés.
Il croyait l’avoir trouvé en la personne de cette centauresse, honnête, qui sert le bien, scrupuleuse et bonne archère, lui même en avait fait les frais.Mais si madame fait dans l’eau de rose, mince !
Toujours est-il qu’il y a là un souterrain et qu’il a besoin d’elle, qu’elle est paniquée, qu’elle lui voue une confiance proche du négatif, et que Vegas songe un moment à rebrousser chemin, retourner faire le plein de pognon auprès des seigneurs la bourse pleine et la bouche en coeur.

Gopis ! la pêche fut bonne ce matin ! et avec un équipement convenable, la centauresse devrait regagner confiance, son moral semble ne tenir à rien, et son arc est archaïque!
Quelle aubaine, pointilleuse sur les principes comme elle est, v’la que Vegas la rend redevable ! Et voilàààà la solution !
Il la traîne jusque chez l’armurier du château et c’est parti ! Elle ne peut plus refuser !
Pis elle est contente de son nouveau joujou la bougresse ! Son penchant machiavélique mis de côté, Vegas doit se rendre à l’évidence, la voir ainsi revigorée lui fait plaisir.. Il l’aime bien la jument.

Splash !!


Le capitaine vient de sauter de l’échelle sur souterrain pieds joint dans une flaque ! C’est eux que v’là ! Il ne met pas longtemps à se rendre compte qu’effectivement, l’endroit est dangereux..
Et le passage qui les intéresse, ben il semble longiligne et mal éclairé.. Boadicea ne devrait plus tarder à refaire un coup de calgon...

> Va y tranquillement, je fonce dans la pénombre, en reconnaissance, tu seras vite avertie en cas de danger, je rebrousse chemin.. Meuuuh, t’en fait paaaas, c’est pas quelques monstres qui m’effraient, ils ne me verront même pas !!

Le capitaine fonce dans le passage, il peut fanfaronner, il est mort de trouille, c’est plein de squelettes animés là dedans, ça pue le moisi, la population d’ici vit dans la merde la plus puante, ça doit jouer sur le moral..
Il traverse la pénombre,il est discret, hop ! derrière ce roc, et zouuuu, le voilà qui se faufile jusqu’à ce tapis de mousse, lorsque le squelette perçoit un bruit, Vegas est très très loin.
Il débouche sur une caverne plus vaste, il y a là quelques cadavres frais, ainsi qu’un petit groupe d’aventuriers au fond, lesquels Vegas n’a aucune envie de déranger, qu’ils ne le voient pas est une bonne chose..

Bon, il devrait y avoir un passage... Là ! Le puit !
Le capitaine y fonce, puis tourne les talons pour se retourner à nouveau.



Qu’est ce que c’est que ce bordel de monsieur taureau là ? il ne bouge pas, il observe le chaton, il n’a visiblement aucune envie de le laisser rejoindre le château.
A y regarder plus près... Un Minotaure ! Ca alors, vegas les croyait éteints avec le dernier Minotaure du Lovistan..
Mais c’est une autre histoire..
Celui là ne semble comprendre aucun langage, sinon celui de la force, mais à ce jeu, il à l’air plus calé que Vegas.
Le capitaine se concentre et forme une minuscule boule de feu, et oui, le felys a quelques tours magiques dans son sac, qu’il projette violemment pour tester le minotaure..
Pffff..
Pas de réaction sinon que le bestiau est désormais de fort mauvaise humeur et qu’il se rue sur Vegas, lequel évite la hallebarde massive sans trop de difficultés, sauf que l’homme taureau lui fait désormais face...
Aïe

fzzzzziiiiiiiiiiiiiiii toc.
fzzzzzzzzzzfzzzzzzziiiiiiiii pic poc.

Le monstre s’effondre, mort, trois flèches ajustées dans la nuque.
Vegas se retourne et contemple Boadicea, majestueuse et belle, l’arc à la main...
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MessageSujet: Re: On the road again (nous étions jeunes et larges d'épaules...   Mer 11 Jan 2006 - 10:34

Ouf ! De justesse !!!

Elle venait de mettre le pied dans la salle du fond, des frissons dans tout le corps… Ce long couloir obscur était tout aussi mal fréquenté que dans ses souvenirs, mais le fait de savoir le Capitaine là-devant, à portée de voix, lui avait permis d'avancer d'un pas plus assuré. Elle a quand même pris quelques coups au passage, c'est clair, d'autant plus qu'elle ne dispose pas de la capacité du félys à se glisser silencieusement d'un coin d'ombre à l'autre. Elle, elle se les est tous pris de plein fouet, les tas de bidoche pourrie… Elle en a évité la plupart (c'est volumineux, un centaure, mais c'est rapide…) et la voilà au seuil de l'immonde salle du fond, le décor de ses plus horribles cauchemars… Et là, c'est pas qu'ils se baladent gentiment, les squelettes, ils pullulent ! Ils se multiplient à vue d'œil ! Ils grouillent…

La tripe convulsée de dégoût et les doigts blancs à force d'être crispés sur ses armes, Boadicea tente de les éviter pour gagner le centre de la salle où le Capitaine l'attend, quand un mugissement formidable fait trembler les voûtes… C'est quoi ça ? Elle se fige un instant au milieu de la barbaque animée, et ouvre grand les yeux pour scruter la pénombre. Là…

Hola. Action, et tout de suite, encore… Elle se rue en avant, se mange deux coups dans le dos, aïe, ça cuit, mais moins qu'il ne va en cuire au Capitaine si elle ne met pas le turbo… Là, au milieu d'un tas d'ossements éparpillés sur le sol dallé, où se dessinent vaguement des traits bleuâtres, le Capitaine, accroupi, toutes griffes dehors, se prépare à recevoir l'assaut de la bête la plus improbable qu'elle ait jamais vue. C'est plus ou moins un homme, oui, jusqu'au cou. Au-dessus, c'est un faciès bovin orné de deux grandes cornes recourbées, redoutables… Et ça court, pour ça oui, et bien vite encore. Droit sur Vegas, qui brandit comme un désespéré une petite dague dérisoire…

Stop, on se plante bien solidement, on sort trois flèches, deux dans la main droite, encocher, bander, lâcher, et d'une, et de deux, et de trois. Dans le feu de l'action, on ne pense pas, on ne fait pas de sentiment. Et on n'a plus peur de rien. Elle fait mouche les trois fois. Et de beaux coups, ma foi… L'hybride pisse le sang et titube déjà quand il arrive sur Vegas, pour s'écrouler presque sur lui.

Puis tout reste calme pendant quelques secondes. Vegas se retourne sur elle, les moustaches frémissantes. Elle constate, détail incongru, que ses griffes ne sont pas encore rentrées… Il a un peu le menton qui tremblote, aussi… Il ouvre la bouche, mais elle le prend de court.

- Joli coup, Capitaine…

Interloqué, il se retourne vers le cadavre. Et de fait, le manche de sa dague dépasse du cou du minotaure.
- Ben ça alors… Il m'est tombé dessus… Mais, euh, si tu l'avais pas entamé…
- Ca va, laisse tomber. C'était bien le but de notre association, non ? Tu traces la route, je nettoie les grosses brutes. Tu fais ton boulot, je fais le mien, c'est tout.

Le Capitaine acquiesce et rentre enfin ses griffes, puis se penche et sort son arme de la gorge du monstre. Et voilà-t-y pas que celui-ci se redresse ! Aaaaah non ça va pas recommencer ! Boadicea sent monter une grosse vague de fureur bien compacte …

- MAIS J'EN AI MARRE DE CETTE VIANDE MORTE QUI BOUGE ET QUI TAPE ! CA SUFFIT ! DEGAGE, ABERRATION !!!

Elle sort une dernière flèche et sans presque viser la largue, quasi à bout portant, dans l'oeil gauche du monstre… Qui s'écroule derechef.
- Bon. (La centauresse arbore un visage de pierre, sourcils froncés, menton décidé. Plus trace de la poltronnerie maladive qu'elle manifestait en surface. Guérie ? Peut-être…) Vaudrait mieux pas traîner dans le coin. Tous ces cadavres qui n'en sont pas, ça commence à m'agacer…
"M'agacer" ? Gloups, se dit le capitaine, faudra que je veille à ne pas trop l'agacer…

- L'issue est par là, suis moi… Il l'entraîne vers un puits à l'entrée de la pièce.

Mais bon. C'est pas pasque le minotaure a passé l'arme à gauche (deux fois), que les autres ordures ont pour autant libéré l'espace. A deux squelettes tous les 10 mètres, elle s'en prend plein les dents, Boadicea. Serrées ou pas, les dents, ça revient au même, elle doit mettre un genou en terre à un cheveu de ce fameux puits… Vegas, qui s'est glissé souplement, sans une égratignure, de colonne en caillou, en profitant de la plus petite ombre, est arrivé indemne au puits, quand il entend sa compagne l'appeler. Quoi, elle nous refait une panique, la quadrupède ? Il se retourne, elle est presque à terre, dans un état lamentable. Un œil poché, trois ou quatre plaies ouvertes au flanc, à la croupe, à la poitrine. Du sang partout. Un bras qui pend. Elle boite. Mais son regard est toujours droit et décidé. Et même, vaguement inquiétant, ça, elle a comme un reflet de violence, là, à gauche…

Alors qu'il ouvre la bouche pour lui dire qu'elle y est presque, encore un petit effort, sa voix s'étouffe dans sa gorge. Juste derrière elle, deux squelettes armés, puants, des bouts de viande fétides et grouillants de vers encore attachés ici et là à leurs os jaunâtres, sont sortis de derrière un bout de plafond effondré. Ses yeux s'agrandissent, et elle le voit. Comme dans un rêve, elle se retourne, lentement, trop lentement, et elle voit leurs bras s'abattre sur elle, au ralenti, dans un silence complet.

Puis un éclair rouge.

Puis plus rien.
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MessageSujet: Re: On the road again (nous étions jeunes et larges d'épaules...   Mer 11 Jan 2006 - 12:17

Mens, qui passait par là par hasard, à la recherche d'un dessert à sa pitance journalière resta caché dans les buissons à écouter, à regarder, subjugé par ces échanges doux et à la fois acérés d'une centaure et d'un félys.
Mais le temps passant, de sa démarche discrète de Saurus, il quitta néanmoins son buisson providentiel pour prendre le chemin de la cascade afin de se rendre présentable.
Cependant, il se promit de souvent revenir se cacher sous les accueillantes frondaisons du petit buisson, pour écouter le chant des félys et celui des centaures se contant à chacun leurs exploits et qui cherche à persuader l'autre qu'il a fait le bon choix.
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MessageSujet: Re: On the road again (nous étions jeunes et larges d'épaules...   Mer 11 Jan 2006 - 15:34

Ooooooh, là ça va faire mal. Va y avoir de la viande avariée sur les murs.

C'est une centauresse ivre de rage qui reprend conscience dans les jardins du château… Sans aucun égard pour la quiétude du lieu, et se défoule en un long hurlement de colère que les murs pourtant lointains répercutent et dédoublent. Toutes les bestioles du jardin en tremblent et courent se cacher sous le caillou le plus proche. Un gros bourdon un peu sourd est lent à réagir, pas de bol pour lui. Cloué à l'arbre voisin par une flèche violente, il expire en sacrifice à la fureur de Boadicea.

- Ah ça ils m'ont remis la pâtée, ces ordures, ah ça ils m'ont encore fait la peau, eh ben y vont voir, y vont le sentir passer, je vais les éparpiller, moi, les déchiqueter, les répandre, les hacher menu…

A chaque étape de sa diatribe, elle décoche, et un monceau d'insectes et de petits animaux gît bientôt en tas que ses sabots piétinent dans leur danse rageuse. Elle tourne et se retourne à la recherche de la mignonne fée du lac, la trouve, la saisit, lui colle dans les dents sa maigre bourse, et lui arrache sans ménagements l'équivalent en bourgeons verts, ceux qui ont des vertus curatives bien connues. La récolte est maigre, peu importe. La fée relâchée brusquement tombe dans une grande fleur, ahurie… Boadicea est déjà loin.
Elle galope à fond de buse dans les couloirs du château. Les coups pleuvent mais elle n'en a cure. Un hallebardier mal inspiré se porte en travers de son passage. Les empreintes de sabots qui s'éloignent de lui sont teintées de son sang. La grille est là, béante. La centauresse déchaînée y plonge à pieds joints et atterrit dans la fange, au milieu d'une grande éclaboussure sonore. La boue immonde s"ajoute au sang qui macule déjà sa robe blanche. Elle fait peur à voir, les dents serrées, les yeux teintés d'un rouge furieux, l'arc brandi… Elle s'engouffre dans le tunnel, écrase deux squelettes, évite le troisième et lui rue dans le dos. Elle taille, elle perfore, elle piétine. Et elle trinque, aussi. De nouvelles blessures viennent se superposer aux anciennes. Mais elle s'en fout complètement. Sa témérité est sans borne, au bord de l'évanouissement, elle continue quand même avant de prendre le temps de s'arrêter pour croquer un bourgeon. Une fois, deux fois, elle frôle ainsi la catastrophe…

Puis elle finit par s'essouffler. Elle tremble toujours de colère, mais aussi d'épuisement. Sa respiration bruyante soulève les mèches de cheveux pâles, moites de sueur et de sang, qui lui tombent en travers du visage. Ouf. Faut faire une pause, là. La sortie du tunnel est proche. Un bourgeon et ça repart. Eh ! Un bourgeon, j'ai dit !

Meeeeeerde. A pu. La gaffe. J'étais sûre qu'il y en avait un autre. Elle fouille et refouille sa besace. Rien. Sombre crétine ! T'as tellement foncé dans le tas que t'es de nouveau coincée, à présent ! C'est pas possiiiiible. Elle en pleurerait de rage. D'ailleurs elle en pleure de rage. Mais c'est pas possible comme t'es idiote, ma pauv'fille ! Trouve-toi une charrue et engage-toi comme mule, ça vaudra mieux pour le monde !

Son cri perçant résonne dans le souterrain.
- Vegaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaas !
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MessageSujet: Re: On the road again (nous étions jeunes et larges d'épaules...   Mer 11 Jan 2006 - 16:31

Mens arpente les souterrains et ramasse par endroit quelques poils de crinière... Il prévoit le pire pour la jolie centaure !
Il cherche en vain un crottin d'indication... rien !
Dans un long soupir, il s'adosse au mur du souterrain et il se laisse glisser jusqu'au sol, fatigué d'avoir tant couru derrière cette bestiole à quatre pattes...
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MessageSujet: Re: On the road again (nous étions jeunes et larges d'épaules...   Mer 11 Jan 2006 - 19:24

Le capitaine est parvenu à atteindre le puit, il y a plongé, emprunté le couloir du fond puis suivi le dédale, emprunté une échelle, soulevé une grille...
Le château.
Ouuuuuff... Le felys n'est pas mécontent de quitter enfin ce trou puant, il ne s'inquiète pas de sa coéquipière, laquelle doit être occupée à occire du squelette avec son arc tout neuf..
Vegas n'aime pas taper les squelettes, ils sont trop susceptibles, non, lui préfère remarquer une fontaine au centre de la salle, autour de laquelle sont ammassés une foule d'aventuriers dont la propreté des vêtements indique clairement qu'ils sortent tous du souterrain.

Il s'avance jusqu'à ladite fontaine, plonge sa tête de chat dans l'eau claire, et en ressors, revigoré..
Cette fontaine a des vertus magiques, voilà qui est clair.
Tous ces quidams ont la bourse avenante, voilà qui l'inspire...

Et c'est reparti, ce sacré Vegas oublie toute convenance, il oublie Boadicea et se lance dans une partie d'escamotage très lucrative, il apprend beaucoup.
Il remplit sa bourse, reboit un peu à la fontaine puis s'éloigne, il a remarqué depuis le début cette statuette, le système de sécurité de ce chateau est archaïque, il y a longtemps que ça ne prend plus, ces mécanismes grossièrement dissimulés !
Ceci étant fait, vegas entreprend de rejoindre Boadicea pour repartir, il croise dans la salle une Fée, une délicieuse petite représentente de sa race, laquelle vend potions en fiolines et remèdes.

Tout voleur le sait, on ne vole pas une fée, c'est immoral, ce qui n'est pas une cynécure, mais c'est surtout impossible, elles sont trop rapides et parfois rancunières.
Vegas s'achète alors quelques fiolines, tant pour faire plaisir au délicieux petit être ailé, que pour lui et Boadicea..

Boadicea ! Il allait l'oublier, qu'est ce quelle fout encore ? Pfff, vegas commence à regretter d'avoir pris la sainte ni touche comme alliée..
Il rejoint la grille et plonge.
Il arrive à nouveau sous terre, l'air est asphyxiant et plusieurs squelettes se jettent sur lui, il à peine à effectuer sa roulade pour les éviter, puis il rejoint la pénombre, sa principale alliée, celle que Vegas sait dompter...
Pas une trace de Boadicea...c'est pas possible..

Le capitaine s'élance alors dans le passage si dangereux, ce coupe gorge,et il doute, l'aurait elle trahi ?


*Vegaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaas!!!*

Le cri provient du passage, plus loin, là devant, ce cri a percé l'obscurité telle une plainte vitale, ce fut un cri d'horreur de resignation, de mort...
Vegas fonce à travers l'ombre, il prend tous les risques, se faufile, dépense des tonnes d'énergie pour parvenir à dissimuler plus encore sa présence, il s'écorche mais poursuit, il veut la retrouver, il doit la sauver, Vegas le voleur, la crapule n'est plus, c'est le joyeux compagnon saltimbanque qui a pris le dessus, celui qui s'est pris de tant de sympathie pour la centauresse, celui qui ne surtout pas qui lui arrive malheur..
Il est à bout de force et parviens à grimper un roc infect, tapissé de mousse irritante, il saute et là, il la voit, il a horreur de ce qu'il voit.

Boadicea est recroquevillée sur elle même, elle pleure, elle semble épuisée, elle est blessée... La cxentauresse n'ira plus loin dans cet état..
Vegas s'approche.

> Je suis là..Je suis là, tout ira bien...
il a bien du mal à être crédible tant il est lui même fatigué, usé,mais il veut lui redonner confiance, Boadicea sort lentement son visage de ses mains et contemple Vegas, son regard est celui d'une petite fille, mais il en dit long, elle était au bout du rouleau, prête à tout abandonner...

> Je vais te sortir de là.
Vegas se concentre alors, elle ne l'avait jamais vu avec ce visage, serein et imposant, il aurait presque l'air intelligent...
Soudain Vegas prend les mains de la centauresse dans les siennes, un faible halo lumineux apparait et des paillettes d'argent semblent les entourer, Boadicea se sent bien, son mal s'estompe, ses blessures l'abandonnent peu à peu...
Vegas l'a soigné par magie.

> Co...Comment tu fais ça ? Tu es mage aussi ?
> Huk huk huk !! non non, j'ai toujours été allergique aux curetons, moi ! Simplement j'ai quelques tours dans mon sac et ai eu le temps d'étudier durant mes années de piraterie... Je t'en reserve des surprises, va !

Les compères se relèvent tout de go, et échangent des sourires..
Le capitaine fouille sa besace et tend des fiolines à Boadicea, qui les accepte, incrédule.
Vegas est épuisé, il doit partir, quitter cet enfer tant qu'il tient encore debout..

> Je dois filer ma jument... Tu dois t'en sortir seule, prend garde à toi, on se retrouve là haut...

Sans en dire plus, Vegas file dans le passage, un vrai calvaire, ses dernières forces le quittent, et c'est asphyxié qu'il atteint la chambre du chateau...
Il parvient tout de même à piquer la bourse d'un aventurier distrait et file vers une nouvelle salle, laquelle lui était jusqu'ici interdite d'accès...
Il y pénètre, titubant, il y a là un peu de monde, il ne veut pas se faire voir, il veut se cacher, se reposer..
il rase le mur, et tombe soudain sur une guerrière solidement équipée qui lui tourne le dos..
Sa chevelure est rousse, attachée pour lui maintenir le visage découvert, il ne tarde pas à la reconnaitre...
Il lui tape sur l'épaule, heureux, apaisé, serein, sauvé.

Elle se retourne...
Alyssandre !!! La beauté, sa complice dans ce monde de brute, Ithryn Luin, héritière d'un thrône perdu et pleine d'espoir et d'honneur. La protégée d'Arlequin...
Bref, quelqu'un qui ne pouvait pas mieux tomber...
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MessageSujet: Re: On the road again (nous étions jeunes et larges d'épaules...   Mer 11 Jan 2006 - 20:27


Alyssandre


Cela fait des jours et des jours que je m’ennuie dans ce château de malheur. Impossible d’accéder à la salle du trône. En attendant de pouvoir y pénétrer, passe mes heures à occire les gardes malintentionnés de cette maison de fou. Jetant mon dévolu sur quelques archers, je me bats sans grand enthousiasme, les voyant tomber devant moi comme les pétales d’une pâquerette qu’on effeuille.

Quelques coups légers sur mon épaule me font sursauter. Je me retourne surprise et découvre devant moi le chaton des Ithryns. Végas a l’air un peu mal en point, il paraît soulager de ma présence à ses côtés. Avant même une salutation courtoise, un nouvel archer pointe le bout de son arc visant le dos de mon félin de compagnon. D’une main sur la caboche, je le force à se baisser, lui arrachant un petit cri outré, proche du miaulement. Le trait passe à quelques centimètre de nous, allant se ficher profondément entre deux pierres.

Sans réfléchir, je me jette sur l’intrus et sans sommation, lui passe le fer au travers du corps. Je retourne vivement auprès du chaton et lui tend une main secourable.

Désolée de ne pas avoir été plus douce, mais il aurait été dommage qu’un trou vienne altérer ta belle fourrure mon ami. Comment vas-tu ? Et comment t’es-tu retrouver ici mon chaton ?

Je laisse Capitaine Végas me raconter ses aventures avec la belle équidée. Je ne peux m’empêcher de sourire à l’évocation de leur péripétie, me rappelant mes propres débuts hasardeux dans le souterrain. Voyant la mine déconfite de Végas, je farfouille dans mon sac et en sors un petit paquet d’où un bruit de tintement de verre s’échappe.

Prend ça ! Ça pourra t’aider pour la suite ! J’en ai trop dans mon sac, ça commence à m’encombrer, autant que ça te serve, ainsi qu’à ton amie. Et si je peux faire quoi que ce soit pour vous aider, n’hésite pas cela fait longtemps que je me cantonne à cette partie du château, je commence à m’ennuyer ferme.

J’envoie un clin d’œil complice au chaton.

Et si nous allions chercher ton amie, après vous vous reposerez tous les deux, je crois qu’après ce que tu viens de me raconter, vous en avez le plus grand besoin. Passe devant, je te suis de près mon chaton.


Dernière édition par le Mar 17 Jan 2006 - 15:09, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: On the road again (nous étions jeunes et larges d'épaules...   Jeu 12 Jan 2006 - 10:31

Pendant ce temps-là, Boadicea s'est relevée, a empoigné son arc. Juste avant le départ de son partenaire, elle lui a posé quelques questions…

- Il mène où, ce puits ?
- Dans le château. Une pièce pleine de bestioles
(Boadicea grimace), avec une fontaine au bout, une fontaine curative.
- Quoi ? Tout ça pour de la flotte ?
- Y'a une statuette intéressante, aussi, juste à côté. Ca serait bien que tu ailles voir.
- Je veux bien moi ! Mais dès que j'aurai fait 20 m, je serai de nouveau sur le cul !
- Tiens, avec ça tu devrais y arriver.


Repensant à ce bref dialogue, elle enferme précieusement ses quelques potions dans son sac. Un soupir… Ca va pas tenir longtemps, ça… Mais bon, c'est ça ou retourner moisir dans le jardin. Et ça, niet. Je boucle ce souterrain coûte que coûte !

Elle repart. Elle le voit bientôt, le puits, et voit aussi les deux squelettes qui lui ont cassé la gueule la fois dernière. Impossible de passer sans se prendre une mandale ou deux. Boadicea s'envoie une fiole rouge, et se lance…

Bien vu. En haut du puits sa robe s'orne de deux balafres supplémentaires… Elle est à nouveau au bord de l'agonie… Vite, deux potions. Ouf ! Va mieux. Heeeey ! C'est quoi encore, ces saloperies !

Des gros machins violacés, pas beaux, et pas sympas, en plus… Effectivement, elle est là, la fontaine, mais loin, tellement loin, avec plein de gens autour, certes, mais il y a surtout une armée de gros violets et d'araignées à l'air agressif… Ca va pas être du gâteau…

Ah non, en effet, c'est pas du gâteau… Chaque pas lui coûte du sang. Quelques mètres et deux potions plus tard, elle se retrouve à nouveau "sans filet"… La fontaine se rapproche. Plus près aïe, sale bête…), encore plus près, (ouch ! ça suffit, oui ?) et elle doit s'arrêter, une fois de plus flageolant sur ses jambes, alors que la fontaine magique est là, tout près… gardée par une phalange de monstres couleur d'ecchymose… Et voilà. L'impasse, encore… Peux pas reculer, peux pas avancer… J'en ai marre, marre, marre…

Boadicea, découragée, se laisse tomber au sol. Ca suffit, c'est trop dur… Lasse à mourir elle ferme les yeux… Pousse un gros soupir… Et toute cette bande là-bas bien loin, qui avale gloutonnement l'eau de cette fichue fontaine, y'en aurais pas un pour tourner la tête, des fois ? C'est pas vrai, ça… Si seulement Vegas était là… Je l'entends d'ici, tiens…

~~ Bon sang dans quel état tu t'es mise encore ! On n'a pas idée de…
~~ D'être une nouille pareille, je sais, épargne-moi tes sarcasmes !
~~ Ca va, ça va, calme-toi !
~~ Non mais c'est vrai, quoi ! A croire que je suis faite en sucre ! C'est désespérant !
~~ D'abord tu te calmes et puis on voit.
~~ Oui, bon, d'accord.
~~ Qu'est-ce que je peux faire pour toi ?
~~ Comment ça ? Mais ouvre tes yeux, enfin ! Je peux plus faire un pas ! Aide moi ! Fais quelque chose !

- Bien sûr, damoiselle. En quoi puis-je vous être utile ?

Boadicea ouvre brusquement les yeux. Ca alors ! Je me suis endormie ! Et là devant elle, un elfe, grand, élégant, de longs cheveux clair encadrant un noble visage… Alors qu'elle est là, vautrée par terre, saignante et puante… Elle essaie vainement de se recoiffer, mais ses cheveux sont tout poissés de… vaut pieux pas savoir de quoi, mais à l'odeur c'est brun.

C'est fou, ça, elle se sent rougir… Péniblement elle se remet sur ses pieds, et adresse une révérence, un peu de guingois, à l'elfe.

- Je vous prie de m'excuser… Ces épreuves m'ont un peu secouée, je crois… Je suis en fâcheuse posture, en fait ! Je dois plonger au milieu de ces monstres pour atteindre la fontaine et…Elle ouvre les bras, piteusement, révélant ainsi son corps pâle souillé, tailladé, meurtri… L'elfe la regarde d'un air apitoyé.
- Oui, en effet, vous n'êtes guère en état des les affronter… Je vous aiderai avec plaisir ! (Il sourit) Il ne sera pas dit que je laisserai à son triste sort une servante d'Ehlonna !
Boadicea lui sourit chaleureusement, et son sourire gagne en chaleur alors qu'elle sent ses mains se poser sur elle… Le pouvoir de l'Elfe se répand sous sa peau, frais et pur comme de l'eau de source, et elle sent ses blessures se refermer et la vigueur lui revenir. Mmmmmh, c'est bon comme un bain chaud après trois heures sous la pluie…

Elle rouvre les yeux.
- Aaaaah, ça fait tellement de bien ! Elle s'ébroue comme un chien et repousse ses cheveux en arrière. Puis-je connaître le nom de mon sauveur ?
- Je me nomme Targharys, des Anges Libres. Il s'incline fort gracieusement.
- Targharys, je n'oublierai pas votre geste, ni moi ni aucun des miens… Je n'ai guère de fortune et mes compétences sont bien faibles en regard des vôtres, mais y a-t-il parmi les babioles que j'ai récoltées quelque chose qui puisse vous paraître une juste compensation ?
- Je n'ai besoin d'aucune compensation, damoiselle. Vous ne m'êtes redevables en rien. Mon aide vous sera acquise autant que vous le désirerez…


Ils bavardent encore quelques instants, puis il s'incline à nouveau et prend congé d'elle. Elle le regarde un instant s'éloigner… Merci Targharys… La noblesse existe donc en ce monde. De ce savoir-là je te remercie plus que tout…

Bon, j'en étais où, moi ? Fontaine, statue, c'est ça ? Allez, hop, j'en ai plein le dos, j'ai envie de regagner mon petit jardin douillet et d'aller retrouver le Capitaine… Il me manque, l'animal, c'est fou, ça ! Est-ce que je serais en train de m'attacher ?

Avec un sourire, elle se lance dans la mêlée, ignore superbement arachnides et démons. Un petit plouf dans la fontaine, un petit pouf sur la statue. Elle s'étire. Aaaah, elle est faite, cette fichue journée ! Retour et dodo !!!

Quelques temps plus tard, elle est de retour dans le jardin. L'herbe sous ses pas, le chant des oiseaux, quel délice ? Souriante et détendue, elle s'agenouille puis s'allonge à l'ombre d'un frêne. Pas de Capitaine en vue, mais il me retrouvera bien… Elle pousse un petit grognement de satisfaction, se tortille un peu pour trouver une bonne place, puis s'endort, paisible. Le lendemain, elle se rendra compte qu'elle n'a fait aucun cauchemar…
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MessageSujet: Re: On the road again (nous étions jeunes et larges d'épaules...   Ven 13 Jan 2006 - 9:57

Nous y voilà… Une vaste salle décorée d'armures d'acier, et au milieu un magnifique tapis rouge… C'est doux et moelleux sous les abots, presque aussi agréable que l'herbe épaisse du jardin… Mais bon sang que c'est mal fréquenté ! Assassins dans tous les coins, archers par paquets de 6… Pfouh ! Pas un coin reposant DU TOUT !

Boadicea boitille depuis un moment, elle doit s'arrêter. Elle a un caillou sournois qui s'est glissé dans son sabot, et comme c'est un de ceux de l'arrière, c'est galère pour essayer de l'enlever ! Et chipote maladroitement avec une flèche en poussant des jurons en centaurien du nord-est (y'en a des bons !!! ) quand un doux rire retentit près d'elle. La flèche passe aussitôt de "cure-pied" à "arme redoutable" et elle se retrouve en train de pointer de l'acier vers la poitrine d'une jeune femme rousse aux yeux rieurs.

- Doucement ! Attendez une minute avant de faire des trous dans les gens !!!


La centauresse abaisse un peu son arc.

- Est-ce bien vous la centauresse qui accompagne ce petit bougre de Vegas? Je l'ai croisé il y a peu dans le couloir et il m'a dit que vous pourriez avoir besoin d'aide. Je me présente : Alyssandre guerrière des Ithryn Luin, à votre service!

Boadicea sourit et range son attirail.

- Merci à vous. Je suis en train de souffler un peu, une vraie course d'obstacles, ce couloir !
J'ai entendu parler de vous, Vegas était très pressé de vous rejoindre apparemment ! Il est champion en matière de houspillage... Enfin... Et où est-il, à propos, comment dites-vous ? Ce petit bougre ? Elle rit. Ca lui va bien, ça.... En fait, à mon réveil dans le jardin, j'ai trouvé un message de lui.
Elle fouille sa besace et sort un bout de parchemin. En le lisant elle sourit, puis le tend à son interlocutrice. On peut y lire "Vais retouver Alyssandre. RV nouvelle salle au fond couloir. Gaffe assassins. A plus ma puce" signé d'un paraphe aussi emphatique qu'illisible...

- Quel talent... C'est tout lui, ça !!

Les deux… femelles (Ben oui ! Vous voyez une autre manière de le dire, vous ?) rigolent doucement à l'évocation de leur ami commun…Le courant a l'air de pas trop mal passer entre elles, même si elles sont somme toute très différentes, Alyssandre bardée d'acier, lourdement armée, redoutable, et Boadicea sommairement couverte de tissus légers et souples, traçant sa route dans le silence de ses flèches de bois…

- Le chaton m'a parlé de toi avant de filer vider quelques bourses.
- Tiens donc... La dernière fois qu'il m'a laissée en plan c'était pour aller lutiner Nedra... En fait de vider des bourses... Ces félys...
Boadicea pousse un gros soupir de feint agacement, mais son large sourire dément ses paroles acerbes. J'espère qu'il t'as pas tout raconté de moi, ajoute-t-elle en grimaçant un peu, Sinon tu dois te faire une fichue opinion de ma misérable personne…
- Il m'a peu parlé de toi, juste qu'il était accompagné d'une centauresse à l'arc bien ajusté…
Alyssandre a le regard franc, et même un peu désapprobateur. Je pense que s'il a choisi ta compagnie ce n'est pas par hasard, peu importe ce que tu en penses…
- Mwais... En fait d'association, je lui ai dégommé un minotaure, et lui il m'a sauvé la vie 2 fois... Un petit peu déséquilibré... Mais bon, j'espère pouvoir lui apporter la contrepartie de son aide un peu plus tard... Ceci dit, avec une amie comme toi
(elle lance regard admiratif vers l'allure et l'armement puissant d'Alyssandre) je me demande bien pourquoi il pensait avoir besoin de moi ! Tu dois en manger 4 au ptit dèj', toi, des bestiaux comme ça !
- Disons que je préfère bosser en solo et que quand j'ai décidé de me lancer dans cette expédition, personne de notre clan n'était prêt, j'y suis aller tête baissée… Les premier temps sont difficiles dans ces lieux, pour tout le monde.
- En tout cas, chapeau ! Démarrer seule, mes respects... Pour ma part, j'ai essayé, et... Enfin bon, ça s'est mal passé, quoi... Et pour ma présente et seconde tentative, sans Vegas j'étais marron aussi...
Elle soupire…
- Il suffit d'y aller doucement, prudemment, de s'équiper intelligemment et surtout de penser à faire son stock de potion curative !Boadicea grimace à nouveau (elle la tient bien, cette grimace-là : un regard désabusé, la bouche un peu tordue en un pseudo-sourire asymétrique)
- Oui, mais bon... Ca a beau être évident... Parfois, j'y peux rien, je fonce et paf... Dans le mur... Je dois apprendre la prudence, je crois...
- Envoie Végas en éclaireur
(lui rétorque la guerrière, avant de pouffer de rire) Non je plaisante ce pauvre chaton y laisserait quelques morceaux de son beau pelage..
- Pauvre chaton !?!
se récrie Boadicea, il passe indemne là où je me fais bouffer tout crue !
La conversation continue sur le mode de la plaisanterie, quand tout à coup, Alyssandre, qui semble avoir pris ce temps pour jauger un peu la rôdeuse, prend la parole d'un ton très sérieux.

- Si tu veux je peux te montrer quelques astuces.
- Astuces ? Ah ? Tu m'intéresses !
- Suis-moi!
- Euh… Je voudrais bien, mais j'ai un petit problème technique, là…
dit Boadicea en désignant son sabot postérieur gauche, que depuis sa rencontre avec Alyssandre elle a gardé seulement pointé sur le sol… Ben oui, j'ai tardé à l'enlever, et là, il est coincé à mort, ce damné caillou… C'est ça que j'essayais de faire quand tu es arrivée… Boadicea a l'air tout penaud, d'un seul coup. Alyssandre sourit et lui tend la main en silence, elle lui remets son cure-pied improvisé en rougissant, et hop ! En une seconde et demie, la guerrière a fait sauter l'abominable petit rocher sournois… Soulagée, Boadicea pose avec délices son pied au sol, dans un peu sur place. La douleur est infime.
- On y va ?
- On y va !


Tout en "y allant", les deux compagnes devisent de techniques de combat et d'esquive.
- Le plus dangereux, explique Alyssandre, ce ne sont pas forcément les monstres qui jalonnent les couloirs, eux on sait qu'ils sont là, il suffit de prévoir quelques potions en cas d'attaques. Par contre, méfie-toi des voleurs et autres pilleurs, ne reste jamais dans le passage.
- Les trois quarts du temps je suis raide...
glisse Boadicea d'un ton goguenard…
- Cherche toi un endroit plus discret chaque fois que tu n'as plus tes armes en main. Autre chose à savoir, si tu as besoin de t'entraîner, pour devenir plus forte pour passer une porte, ou battre un ennemi, trouve toi un coin tranquille et laisse les monstres venir à toi, pas la peine d'aller t'empaler sur une horde de blob!
Elle s'arrête dans un recoin du couloir et se retourne vers la centauresse.
- Maintenant montre-moi ce que tu sais faire!
A cet instant, deux gardes pas franchement amicaux déboulent sur elles avec la ferme intention de les réduire en apéricubes.

- A toi de jouer, Boadicea, je veille sur toi.

Héhé... Pense l'autre en levant son arc. Trop facile. Hop ! D'un geste preste, elle saisit quatre flèches dans son carquois, sur la hanche gauche. Trois en main, elle encoche la quatrième, se plante bien stable sur ses pieds, et fzzzzou ! Deux à gauche, deux à droite. Dodo les gardes...

- Ils ont même pas eu le temps de m'en coller une ! rigole la rôdeuse. Bon plan, ça ! J'y avais pas réfléchi, mais c'est de l'entraînement facile ! Tu bouges pas, ils arrivent la gueule enfarinée, et t'en fais tranquillement une fondue bourguignonne... Tu connais pas ? C'est un plat de chez moi, délicieux.
- J'ai toujours eu beaucoup d'admiration pour l'art des rôdeurs,
dit Alyssandre, nonchalamment appuyée sur son épée. Leur dextérité à l'arc me sidère! Tu n'as rien à m'envier, ni à personne d'autre d'ailleurs, la seule chose qui te manque, c'est un peu de confiance en toi...

Alyssandre est interrompue par l'arrivée d'une nouvelle paire de gardes. Elle brandit sa lame et son fléau. D'un bond, elle se retrouve devant le premier garde, écrasant son bras droit avec la masse, l'homme se retrouve à terre. Elle se retourne face au deuxième, esquive une attaque, feinte. Enfin, elle tourne se jette contre son adversaire, évitant sa lame et passe son épée sur ses côtes, doucement… Elle termine son geste par un moulinet du poignet qui vient mener sa lame dans le poitrail du soldat allongé. Tous ces gestes, exécutés sans aucune apparence d'effort, avec la souplesse et la grâce d'un danseur, n'ont pris au plus que cinq secondes…

La guerrière se retourne vers sa compagne, un sourire ironique aux lèvres…
- Je disais quoi déjà? dit-elle en jetant un clin d'oeil à Boadicea
Clap clap clap clap… Les applaudissements d'icelle retentissent dans le couloir.
- Moi je dis joli joli !!! Ca fait plaisir à voir !
- Tu vois, ils sont idiots, ces gardes. Ils n'apprennent jamais, mais toi oui ! Ca doit être pour ça qu'il sont si facile à tuer et c'est aussi pour ça que tu ne dois plus avoir peur de ce qui se trouve dans ce château
!

Pendant qu'elles bavardent, un jeunôt s'attaque imprudemment à Boadicea. Sans même tourner la tête, elle lui balance une flèche qu'il chope en pleine caisse... L'abruti récidive, sans même égratigner la centauresse, et il s'en prend une seconde dans le buffet...
Alyssandre, pas du tout perturbée, continue. :
- La seule chose qui différencie les bestioles du sous sol et les gardes du chateau, c'est leur apparence. Crois moi, ils ne sont pas plus indestructibles que ces têtes de veaux allongés sur le sol…

A propos de tête de veaux, Boadicea lance un regard dans la direction des chatouilles de juste avant… Pas de cadavre. Ouf, tant mieux. Pôv' petit… Enfin, ça lui apprendra.

Les deux combattantes discutent encore longtemps tactique, combats, et toutes sortes de discussions typiquement féminines… Puis elles se séparent sur un signe d'adieu, Alyssandre rejoignant sa planque dans la grande salle, Boadicea se glissant jusqu'aux jardins… Décidément elle n'aime pas dormir entre quatre murs. Sur le chemin de retour, elle se rend compte qu'elle avait complètement oublié Vegas ! Oulà, faudra que j'évite de lui dire ça, se dit-elle, il serait capable de se vexer…
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MessageSujet: Re: On the road again (nous étions jeunes et larges d'épaules...   Lun 16 Jan 2006 - 19:03

INTERLUDE VOLEUR....

La matinée est ensoleillée au jardin, la fée commerce, les aventuriers déambulent.. Les gentils monstres se montrent dociles.
On croise de-ci, de-là un barbare de mauvaise humeur, mais rien de méchant..
La matinée est décidemment agréable, un climat de sérénité parcours ce jardinet joli..

Autour d'un coffre, une foule d'aventuriers se massent, ça parle fort, ça boit du vin, ça raconte ses derniers exploits, le tout dans une frénésie déconcertante.

Tapis dans l'ombre, deux silhouettes observent la scène, et tous ces guerriers aux armures étincelantes et à la langue bien pendue, aux sourires carnassiers et surtout à la bourse alléchante...

Ces deux silhouettes, ce sont Vegas, le pirate Ithryn Luin, et Nedra, la chapardeuse des Deus, tous deux sont bien décidés à se lancer dans un jeu dont ils seront les maitres, une petite partie à laquelle ils vont convier tous ces braillards, à leur insu.
Le capitaine Vegas InLove s'adresse alors à son amie :

> On y va ?



NEDRA
Le capitaine pose de ces questions des fois...

> Bien sûr mon p'tit loup des mers ! lui fis-je, encapuchonnant soigneusement ma tête et lui rabattant la sienne sur ses oreilles de filou.

De toute façon, qu'aurait bien pu lui répondre Nedra par une telle question. Cela faisait quelques heures déjà que les deux compères préparaient leur coup et la diabolique machination que se préparait dans l'ombre ne pouvait en aucune façon échouer... Ils s'étaient distribué à chacun un nombre suffisant de fil d'or qu'il disposerait sur leur victime si celles-ci raporterait gros. Il est vrai que la coutume des fils d'or n'est pas propre à notre duo de choc, et bien des voleurs la connaissent. C'est d'ailleur une méthode à double utilisation ... en vue de signaler les gros poissons à tout frère de chasse, mais aussi pour marquer son territoire.

Ils avaient précautionneusement rassemblés un maximum d'affaire sous cette affreuse pierre creusée qui leur servait de coffre personnel (Inviolables qu'ils disaient même... ah, l'égaux des voleurs ^^) dans le but d'être le plus léger possible durant le raid. Ils en aurait grandement besoin pour porter les innombrables bourses qui leur était offertes si gentiment par ces innocents mais très imprudents badaux.

Enfin bref, sans plus attendre, les veines emplies d'un désir ardent que seul les gens du métier ont le plaisir de goûter, nos deux héros se lançèrent tels des vautours venant ceuillir le fruit d'une longue attente...


Et zouuuuuuuuuuuu... Les deux Felys se mèlent à la foule, personne ne les remarque, c'est leur force, une boursinette par ci, une autre par là, rien d'énorme, que des petits pécules pour le capitaine..
Voler près d'un coffre, il ne faut pas là compter trop s'enrichir, l'exercice fait figure d'entrainement, et surtout de petit jeu entre les deux complices qui rivalisent d'astuce pour détrousser les badauds..
Là ! Un fil d'or de Nedra... Ahaaaa, mon gaillard, on va voir si ta bourse mérite bien son signe distinctif, Vegas plonge la main avec précision et en ressort un joli pactole..
Huk huk huk, sacrés barbares, z'ont peut être pas bien saisi l'utilité d'un coffre.. Pas grave.. Ces gens font mes affaires, quel altruisme..

Le jeu dure un certain temps, les deux compèrent chapardant, disposant des fils d'or lorsque la pêche est bonne, s'échangeant des clins d'oeil complices et hilares...
Au bout d'un moment, les deux se retrouvent un peu plus loin, histoire de faire l'inventaire de cette partie de vol...
Bof bof.. Pour les deux felys, rien d'exceptionnel...
Le capitaine regarde alors Nedra....

> Quel bien maigre butin.. Un peu moins d'un millier de gopis à deux, on ne peut guère tomber plus bas camarade!

On peut apercevoir un léger air constipé prendre naissance et s'étaler sur le fascies du capitaine... Encore un peu et il manquerait de se faire dessus !

> Allons, ce n'est pas grave, c'est chose qui arrive. Pourquoi ne tenterions nous pas notre chance du coté de l'établissement d'Elioth ? Ce petit magasin n'en a pas l'air comme ça mais il est bondé de monde en cette heure , lui fis-je avec un petit sourire malicieux.

Vegas regarde alors sa compagne avec des yeux exorbités :

> Sacre bleu Nedra, pourquoi ne m'en as-tu pas fais part plus tôt ! Allez hop ne pardons pas plus de temps à papoter, des montagnes de gopis nous attendent, en route !


Il n'en fallut pas plus à ces deux charognards de première pour mettre les voiles, toujours discrets, en direction de cette fameuse mine d'inspiration... Ils traversèrent ainsi la grande bibliothèque du chateau, dans laquelle moultes livres semblaient ne plus attendre depuis longtemps ce lecteur qui les tirerait de leur long et poussièreux sommeil. Nedra était partie devant, invisible et furtive, pour ouvrir la voie à Vegas (On ne sait jamais quel bougre peut surgir de derrière l'une de ces montagnes de lettre...)
Hop, un petit bond par ci ! Hop, un petit bond par là ! Evitant de se prendre les pieds et manquer de trébucher, l'époustouflante acrobate finit par rejoindre la porte donnant sur le couloir central. Plus qu'une dizaine de mètre et ils pourraient de nouveau jouer à leur petit jeu. Nedra se retoune une dernière fois pour admirer les prouesses gymnastiques de son acolyte, avant de franchir le pas de la porte... mais rien... rien qui n'aurait l'allure d'un chat déguisé

> Mais où donc est-il encore aller poser ses pattes ?



En chemin, Vegas tombe sur un petit groupe qui discute à la bibliothèque...
Il décide de s'approcher, on ne sait jamais...

Là, il remarque parmis la petite troupe un nain, un nain mais pas n'importe lequel, un affreux nain..
Il est lourdement équipé, une chose est sûre, il vaut mieux rester en bons termes avec ce genre de nabot.
Et sa figuuuure.. Mon dieu, c'est un grand brûlé, c'est pas possible...
Ce nain fait peur, et caché dans l'ombre, vegas examine de plus près son blason... DragenKill Undeads...
Mince !

C'est Draken, le terrible...
Mince à nouveau ! Sa bourse est énoooorme, elle semble remplie à ras bord...

Le démon du vol s'empare à nouveau de vegas, qui oublie tout rique et fonce jusqu'à la poche de toile qui orne la ceinture du terrible barbare.. Et zaaag, ni vu ni connu, et une somme énorme !!
Le nain n'a rien vu !

Vegas s'éloigne du recoin de la bibliothèque, lorsque...

> Il y a un voleur ici !! Là !! TOI !


Les pas lourds du nains se mettent au galop et coursent vegas, lequel se rend vite compte que le nain vient de s'apercevoir du trou dans ses finances, et qu'il soupçonne sérieusement le capitaine, qui file, qui file, qui cours tel un dératé, entendant toujours derrière lui les pas lourds et les cris de rage de Draken..
Il parvient jusqu'à la porte de la bibliothèque, l'ouvre en en surgit dans le couloir, il file, c'est que le barbare derrière est bien décidé à lui faire la peau...

C'est là qu'il tombe sur une femelle d'une race qu'il n'a pas le temps de définir, et hop là, deux gopis dans la poche, se retournant pour mesurer son avance sur le nain enragé, il reconnait ladite femelle,

Yanae !! Une amie des Ithryn, Merde !

> S'cuuuuuse !! pas l'temps, j't'expliqueraiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!


Et le capitaine fila jusqu'aux dortoir se planquer, terré dans un coin toute la nuit, entendant encore résonner dans son crâne les bottes de draken marteler le sol...
Nuit agitée, nuit fatigante...
Le capitaine trouve finalement le sommeil...

_____________________________________________________________


Partie II : La bataille du Château

Le réveil est difficile, mais plein d'entrain, Vegas s'apprète à rejoindre ses acolytes dans le chateau..
Alyssandre, Boadicea et le capitaine ont en effet convenu de se retrouver au sein d'un hall afin de faire le point puis de décider quelles routes prendraient chacun d'entre eux...
Ainsi Vegas file sa quenouille le long des couloirs, veillant bien à ne pas trop se faire remarquer, les volés mécontents se faisant de plus en plus nombreux dans ce chateau.
Les idées vagabondes, le coffre plein à craquer, l'humeur guillerette, il évite les tours de garde des soldats royaux félons aux ordres de Vémir sans mal. Le plus dangereux dans cette partie de la royale bâtisse, ce sont les assassins de la garde, sont filous eux aussi, le capitaine les soupçonne d'être des voleurs repentis ou des mercenaires, plus que des militaires de carrière...
Filant de pilier en pilier, Vegas atteint enfin, et intact, la porte du hall, qu'il ouvre..

Toujours la même déco... Des tapis qui puent l'argent du servage totalitaire... De la dorure en pagaille et des statues de marbre massives qui ornent l'allée principale, ce lieu est sans nul doute le rencard prisé des orgies aristocrates.
Les plafonds hauts sont ornés, eux, de frises précises, de l'artisanat de maître, de toutes façons, chaque recoin de cette pièce pue la monarchie et la finance mal répartie..
Les longues tables d'ébène sculpté entourées de chaises et fauteuils précieux, qui ont du voir se poser de nombeux culs titrés et autres illustres postérieurs, sont le gage de réceptions pleines de notables locaux, tous pleins de certitudes et d'orgueil..

Tout ce tableau écoeure Vegas, sûrement pas le plus honnête et altruiste des felys, non, mais un ennemi acharné du pouvoir facile et de l'injustice sociale flagrante.. Le capitaine honnit les têtes couronnées, les salopes entrônées, les chiens de....


> Coucou mon chaton...

Cette douce voix est celle d'une héritière royale, d'une sang noble... Le capitaine doit alors chasser toute la rancoeur qu'il éprouve pour laisser place à ses sentiments les plus profonds, ceux qui le font oublier toute échelle sociale, toute race ou toute blessure renfermée... L' affection et l'amitié sans faille qu'il a pour sa compatriote à la chevelure rousse presque couronnée, Alyssandre, Ithryn Luin avant tout !

> Hé ! Tu m'as fait peur rouquine !! Boadicea n'est pas encore arrivée ?

> Non, on est en tête à tête, tu vois !
> Hem, vu le calibre de ce fléau, j'aime autant de ne pas me lancer dans quelque malheureuse entreprise courtisane..
> Bien vu !

Les deux saltimbanques s'asoient un moment dans un recoin de ce hall, essayant de ne pas se faire voir par les tours de gardes et les aventuriers de passage, echangeant sur leurs parcours respectifs et leurs projets d'avenir...
La centauresse n'étant toujours pas en vue, les Ithryn décident de s'en aller reconnaitre un peu le terrain, enfin, dans le cas du capitaine, la princesse faisant surtout office d'éscorte au felys.
ils longent le mur ouest, mais la guerrière n'est pas aussi discrète que le voleur, et ce qui devait arriver arrive finalement...Une patrouille est alertée par le pas des deux compères...

> Hep ! Vous !, oui oui, le minou et la mignonnette, où allez vous comme ça ?! Cette partie du château n'est pas autorisée aux visiteurs !!

Autant dire qu'il emploie un ton quelque peu cavalier celui là..

> Allons, je suis le bouffon officiel du roi Brius ! Et voilà sa maîtresse préferée... T'es une sorte de cure-latrines ici, toi ?

Oui, Vegas est un poil soupe au lait, c'est qu'il capitaine de piraterie quand même ! Et la présence à ses côté d'une maitresse des arts du combat telle qu'Alyssandre lui confèrent une assurance arrogante et dangereuse..

> On fait son malin ! je vois ! Archers ! Dégommez moi ce trou du cul de paysan du port !

C'est alors qu'une masse d'archers royaux sortent à la lumière, ils ont l'air nombreux et plutôt enclins à executer les ordres... Alyssandre jette un regard à vegas qui en dit long... "mais c'est pas vrai, tu n'as jamais appris à la boucler toi..."
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MessageSujet: Re: On the road again (nous étions jeunes et larges d'épaules...   Mar 17 Jan 2006 - 15:02


Alyssandre



C’est pas possible d’avoir une grande gueule pareille !!!

Le regard que je jette à Végas est sans équivoque. Je dégaine ma lame, compte rapidement nos adversaires… Quatre gardes et leur chef ! Rien que ça !

Je fais face au supérieur, lui offrant mon regard de défi le plus féroce. A ma gauche, je sens la présence de Végas. Rapière dégainée, poignard à la ceinture, il se positionne de façon à défendre mon côté le plus vulnérable, à la manière du bouclier qui protège le cœur.

Le temps s’arrête une seconde, comme avant chaque combat. C’est le moment où chacun adresse un dernier geste au destin pour que celui-ci lui soit favorable. Un sourire carnassier aux lèvres, je lève le bras et commence à faire tourner dans les airs les trois masses de mon fléau. En moi-même, je remercie Végas d’être plus petit que moi, ce qui me permet cette manœuvre dissuasive.

L’arme tournoie trois fois au-dessus de nos têtes quand les gardes se décident à attaquer. Le plus proche ne se bat que quelques secondes, recevant mon fléau avec tout son élan sur le coin de son casque. S’il n’est pas mort, au moins je suis sûre qu’il est bien assommé. Un autre vient bientôt le rejoindre, teintant de rouge la rapière de mon compagnon. Il bondit avec la grâce de ceux de sa race, jouant d’adresse en esquivant les coups de son adversaire.

Le chef s’en approche, en rage de voir deux de ses hommes hors service. J’essaie de m’interposer, mais un garde vient me faire face, bien décidé à m’empêcher d’avancer vers son supérieur. Je jette des coups d’œil vers le pirate, craignant de le voir submergé, mais celui-ci se bat comme un tigre, un sourire malicieux sur son museau félin.

Soudain, une flèche vient se ficher dans la gorge du garde qui me fait face. Je me retourne vivement, pour découvrir Boadicea, arc bandé, qui nous rejoint au triple galop. L’arrivée de la centauresse a quelques peu surpris nos adversaires, distrait quelques dixième de seconde… juste assez pour me permettre de faire face à monsieur gougnafier, le chef de patrouille.

Dos à dos avec Végas, je lève à nouveau le bras, faisant tournoyer au-dessus de nos têtes l’acier meurtrier. L’autre a retenu la leçon et se tient à bonne distance de mon arme. Des cris dans le couloir m’indiquent que d’autres gardes nous ont rejoint, mais les traits précis de Boadicea pleuvent sur les malheureux, nous laissant à Végas et à moi, une marge de manœuvre suffisante pour nous débarrasser de ces piètres combattants.

Je bondis vers l’avant, abattant mon fléau sur le chef. Il l’esquive de sa lourde épée. Vivement, je dégage les chaînes de sa lame, espérant que l’élan la lui arrachera des mains, mais l’homme est un vieux soldat, habitué des batailles. Il m’attaque et chacun de ses coups sont semblable à un marteau s’abattant sur une enclume. Je pare, les muscles en doloris, mais bien décidée à transformer le butor en carré d’agneau.

J’évite un de ces coups en plongeant sur le côté. Mon leste que moi, mon adversaire m’offre son côté gauche dépourvu de bouclier, là où toute armure a ses failles. Sans attendre, je plonge ma lame sous son bras, dans le creux non protégé de son aisselle. Un cri rauque s’échappe de sa bouche au moment où il s’écroule à genoux, abruti par la douleur.

Je libère ma lame des ses chaires, entendant en écho à ma victoire les cris, presque des miaulements, lancé par Végas aux derniers gardes fuyant. Je me retourne et trouve mon compagnon debout sur l’embonpoint d’un garde ventripotent, passant orgueilleusement sa patte féline derrière son oreille. Autour de lui, plusieurs cadavres exhibent leurs bourses éventrées comme autant de trophées à la gloire du félys. De l’autre côté, Boadicea range la flèche qu’elle dans la main, inspectant chaque cible atteinte pour juger de la justesse de son tir.

Un coup d’œil à mes deux compagnons, et nous voilà de nouveau en route…
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MessageSujet: Re: On the road again (nous étions jeunes et larges d'épaules...   Ven 20 Jan 2006 - 14:21

Ca grouille ! Y'en a partout de ces saloperies ! Cons comme tout un fagot de manches, mais plus nombreux à chaque seconde… Tiens, en rev'là un contingent !

Vegas pousse un gros soupir, du genre Oh-non-je-vais-encore-me-faire-taper… Boadicea rencoche une flèche illico, Alyssandre assure sa prise sur son fléau impressionnant et sur son épée de la même couleur… Et rebelote. Tripaille, viscères et flots de sang. Ca devient lassant, à force… Le Capitaine se fait un devoir de porter le coup de grâce aux adversaires blessés par les deux autres, et il s'en sort de mieux en mieux, le bougre ! Il a le coup de dague de plus en plus précis, et la petite pirouette qui accompagne le mouvement de sa lame sous la gorge de son malheureux ennemi est d'une grâce toute féline… Au point que ça en devient un jeu… Les filles dégomment les gardes qui s'avancent toujours par botte de 12, et le capitaine se les achève tranquillement…

Sauf que c'est pas toujours tranquillement… Parfois, le coup de lame ou de flèche était juste un peu trop faible, et l'homme pas assez loin sur la route de l'éternité… Et scrotch, une plaie pour Vegas. Et de deux, et de trois… La situation devient tout doucement critique. Les filles sont surchargées par les bataillons de gardes qui s'avancent en rangs serrés. Et Vegas n'est bientôt plus en état de prendre le risque d'achever des mourants potentiellement encore dangereux pour sa peau de chat…

Soudain, Boadicea, qui décoche à tout va, aperçoit du coin de l'œil une chaude lueur qu'elle a déjà vu quelque part… Vegas, affalé entre les mains d'une charmante jeune saurus, voit ses blessures se refermer par la magie de la belle… Son expression béate et la vibration de ses moustaches disent assez l'agrément qu'il en éprouve… Et d'ailleurs le voilà tout ragaillardi que se lance à nouveau dans la mêlée. Un cadavre, deux cadavres, trois cadavres… Et puis tchac ! Une entaille dans sa douce fourrure…

-Ooooooh, zut, je m'ai fait eu ! Bobo le doigt, là, 'gââârt' ! miaule-t-il en courant rejoindre la prêtresse souriante, restée sagement en marge des combats, attendant le moment d'intervenir à nouveau.

Boadicea et Alyssandre échangent un regard amusé par-dessus leurs armes toujours brandies. Cette fois, Boadicea regarde plus attentivement leur alliée imprévue. Bien sûr que ce visage lui dit quelque chose ! C'est Athana, l'une des adoratrices d'Ehlonna... Elle lui fait un geste entre deux flèches, et la saurus sourit en réponse, tout en soignant délicatement la patte blessée du Capitaine… Aussitôt, celui-ci repart tout guilleret, et l'enchaînement continue, comme une chorégraphie parfaite : l'humaine et la centauresse frappent, le félys octroie une mort rapide et propre, la prêtresse saurus déploie sur eux tous la bénédiction de sa magie curative…

Et ça dure…
Et ça dure…

A un moment, Athana, épuisée doit se retirer pour un peu de repos. Alyssandre et Boadicea, essoufflées, laissent pendre leurs bras douloureux. Le Capitaine, tout fringuant, finit d'essuyer sa lame sur la tunique d'un des gardes. Petite pause. Le flux d'ennemis semble tari, pour un moment, du moins… Tous trois se regardent. On ne tiendra pas 200 ans comme ça…

- Et d'abord, ils viennent d'où, tous ces affreux ? gronde Boadicea.
- De là. Alyssandre leur désigne une porte au fond de la pièce. Je crois que leur chef les envoie ici.
- Ah ouais ? J'irais bien lui faire une surprise, moi. Lui ramener toute cette viande froide et la lui faire bouffer ! Non mais.
- Bonne idée, ça,
intervient Vegas. Et si on allait lui tanner le cul, à cet outrecuidant personnage ?
- Je vote pour !
- Moi je passe…
dit Alyssandre. Et de fait elle a l'air harassée, la guerrière… Entre les gardes mis en colère par la grande gueule de Vegas et l'assaut continu qu'ils viennent d'essuyer, elle ne sent plus ses jolis bras… Et ça se comprend, à voir le poids d'acier qu'elle soulève dans chaque main…
- On va essayer de s'en tirer sans toi, alors… En faisant gaffe et en rasant les murs, on devrait éviter de se faire remarquer… remarque Vegas.

Ouais, cause toujours. Boadicea lorgne avec consternation son imposant postérieur chevalin. Elle tente un pas sur le dallage, et ça sonne haut sous les plafonds du hall… Ca va pas être du gâteau, la discrétion…

Mais il en faut plus pour décourager l'astucieux Capitaine… Le voilà qui sort de son sac une vieille cape déchirée, et qui, de sa dague, en coupe posément 4 morceaux… Puis, tout sourire, il s'approche de la centauresse.

- Papatte !

Les dents serrées et le teint écarlate, Boadicea ravale son orgueil bafoué une fois de plus par la gouaille de son acolyte, et soulève l'un de ses pieds. Rapidement, Vegas lui emmaillote le sabot d'étoffe. Les autres pieds pareillement chaussés, Boadicea est maintenant nettement moins audible… Elle s'enveloppe dans sa cape couleur de grisaille, et attend…

Souplesse et agilité déployées au maximum, Vegas se glisse d'ombre en recoin, de recoin en colonne. Elle le suit du regard, et doit maintenir son attention pour ne pas le perdre, tant il se fond dans le décor. Dans un silence parfait, il quitte la pièce. Et quelques minutes plus tard, il reparaît aux côtés de sa compagne. Un geste, et elle lui emboîte le pas. Moins souple que le félys, Boadicea, plus facilement repérable, aussi. Mais il a bien choisi son itinéraire, et, dans l'ombre des tentures qui réchauffent les murs, ils voient passer au large plusieurs pelotons de gardes, mais n'en rencontrent qu'un seul. Et celui qu'ils rencontrent, la dague affûtée du félys trouve presque toute seule la direction de sa gorge, tant ce geste répété est devenu automatique. Les flèches silencieuses de la rôdeuse font également merveille, et c'est sans être repéré que le couple incongru mais néanmoins étrangement bien assorti gagne le grand hall d'entrée…

C'est le branle-bas de combat, ici… Une fourmilière de gardes s'agite autour d'une haute silhouette à l'armure rutilante. La voix sonore du général retentit dans toute la vaste pièce, et les hommes d'armes s'empressent au moindre froncement de ses sourcils épais. Ils accourent et s'encourent avec une diligence qui laisse soupçonner une peur sous-jacente : finir avec la tête sur une pique, en exemple de désobéissance ou de paresse…

Un long moment, Vegas et Boadicea observent le ballet désordonné et frénétique. Puis le félys désigne en silence à sa compagne une série d'armures de parade alignées sur un mur, devant un écran de tentures de velours. Elle comprend, elle acquiesce. Il s'éclipse pendant qu'elle sort une série de flèches de son carquois. Puis elle attend. A un moment, il ne reste plus que trois hommes auprès du général. Un dernier peloton finit de quitter la pièce. Une flèche se fiche dans la gorge du garde de derrière. Les autres ne le voient pas tomber. Mais ils se retournent au son clinquant de sa lame sur le sol. Une flèche dans la nuque du second, celui-là couine un dernier cri de détresse. Le troisième, effaré lève les yeux de son camarade à terre pour fixer, ébahi, la pointe de flèche qui sort de la bouche de celui qui tombe doucement devant lui. Angle parfait. La troisième flèche le touche à l'œil gauche, le préféré de Boadicea, le gauche toujours.

Le général a sorti de son fourreau une formidable claymore. Presque aussi haute que la centauresse, l'épée à deux mains s'orne de ciselures magnifiques et de quelques pierreries bleu foncé. Il n'est pas aussi abruti que ses hommes. Il a vu d'où venaient les flèches. Sans hâte, il s'avance vers la rôdeuse, qui sort à découvert et décoche trait sur trait. La plupart ricochent sur l'acier niellé d'or de l'armure, mais quelques-unes touchent. Au genou, à l'aine, au coude. Il avance toujours. Il est presque sur elle. Une ombre vive se glisse derrière lui. La lame de Vegas plonge sans peine sous l'aisselle, au défaut de l'attache, entre les deux côtes, jusqu'au cœur. Muet, le général glisse au sol.

Le Capitaine, radieux, tend sa patte fourrée. Boadicea, souriante, la claque de sa main droite. Puis ils repartent en silence le long du même mur, regagnent leur cachette derrière les statues, dans le hall principal. Le Capitaine gambade sur ses pattes fourrées, la centauresse le suit, les sabots toujours étouffés de tissu. A chaque jour suffit sa peine ! Demain, ils affronteront encore périls et traquenard, ensemble. Ben oui ! On ne change pas une équipe qui gagne…
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MessageSujet: Re: On the road again (nous étions jeunes et larges d'épaules...   Lun 23 Jan 2006 - 12:44

Le chaton et la centauresse sont de retour dans le hall...
La bataille a été rude, le capitaine fanfaronne, c'est son style, mais il a encore bien failli y passer, sans l'intervention de cette prêtresse...
L'idée de ne pas s'aventurer seul dans ce chateau est decidemment la meilleure qu'ai eu Vegas depuis longtemps !

Le général est mort, Vegas a pris soin de recuperer sa jolie bourse sans que Boadicea ne le voie..
C'est le branle bas de combat au château, ça geule dans le recoins et les différentes pièces, les trois camarades ont mis un joli bordel.
Mais là c'est toute la garde royale qui saffaire, ils sont recherchés, il n'y a plus de doute.

Sur le corps inanimé du général, le capitaine a aussi pris soin de dérober une clé, laquelle doit leur oouvrir les portes pour s'aventurer plus loin, jusqu'au donjon, en repassant par les souterrains.
Ils peuvent y aller, la porte n'est pas loin, mais les trois compères s'observent, et chacun des regards ainsi affichés en dit long.

Le voleur, la rôdeuse et la guerrière sont exténués.

vegas, le premier se décide à rompre le silence, ils sont tapis tous les trois dans un coin du hall, derrière les massives et vaines statues.


> On peut aller plus en avant.. Ou..
> Ou ?
> Ou filer d'ici en attendant que les choses se tassent, on a suffisamment fait parler de nous je trouve. J'ai des affaires en cours sur Kedrok.
Un petit séjour en ces calmes terres nous serait à tous bénéfique, le temps qu'on nous oublie un peu..

> Je suis d'accord.. J'ai moi aussi à faire, quelques grottes à explorer et des amis à qui venir en aide. Je suis pour une pause, en effet.
> Alors je vous suit, ce château m'est de plus en plus insupportable.


C'est ainsi qu'après moultes péripéties, les trois compagnons empruntent le couloir du château, s'immiscent dans la prison, regagnent le souterrain, filent jusqu'au passage escarpé, empruntent le portail et voient enfin la lumière du jour..

Le soleil brile au plus haut dans le ciel de Kedrok, les rues de la capitale sont bondées de monde, et Alyssandre, Vegas et Boadicea flanent enfin l'esprit libre, les muscles détendus.. Ils empruntent l'étroite route qui tarverse les marais en direction de Bourgidus, la principale ville de kedrok..
En chemin, ils s'arrètent en haut d'une des falaises qui surPLombent la ville des magiciens...
Tous trois savent qu'ils vont devoir se séparer quelques temps, qu'ils devront retourner à leurs escapades solitaires, mais ils savent aussi qu'ils se reverront vite, tant la perspective d'arpenter les terres argentées sans compagnie valable leur est insupportable.


Boadicea pars la première, descendant le chemin d'une démarche légère et assurée, elle est suivie par Vegas, et Alyssandre, elle, regarde l'horizon encore un moment, elle a passé un si long séjour dans ce château...
Les deux ne sont plus en vue lorsque la guerrière sort de sa contemplation pour à son tour s'en aller...



PARTIE III : Retour sur Kedrok.

Les journées ont passé, le capitaine erre aujourd'hui dans les rues de Bourgidus, les larcins des derniers jours furent des plus légers, il n'est pas de bon de se promener la bourse pleine par ici, et tous les aventuriers pernnent soin de déposer leurs effets précieux dans les banques des nombreuses villes de ce pays.

Déjà quelques temps qu'il est sans nouvelles de ses amies. Il se surprend à être sentimentalement affecté, oui, elles lui manquent terriblement.

Il croise de-ci, de-là quelques têtes connues, le temps de trocs, d'affaires sombres, et parfois de chasses au chien caillou, comme au bon vieux temps..
Et c'est dans le plaines, lors d'une de ces sempiternelles et ennuyeuses chasses qu'il croise un visage qui lui est plus que familier, la belle rouquine à l'armure solide se tient là, avec toute la force qu'elle dégage..
Vegas est heureux, il vient de retrouver Alyssandre !

Quelques échanges rapides leur fait à tous deux du bien, mais le temps passe et chacun doit s'en retourner à ses occupations. Mais les deux saltimbanques des Ithryn Luin prennent soin de se donner rendez-vous, Vegas doit voir Alyssandre seul à seul lui dit-il, pour une affaire importante.
Chacun pars dans sa direction, ils se verront le soir même, non loin de l'île, dans un coin tranquille caché auprès des falaises.


Vegas est arrivé le premier.
Il attend.
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MessageSujet: Re: On the road again (nous étions jeunes et larges d'épaules...   Mar 24 Jan 2006 - 11:45


Alyssandre



Je me dirige vers l’endroit indiqué par Végas, un peu intriguée par ce rendez-vous des plus mystérieux. Amusée, je me rends compte que la fantaisie du félys commençait à me manquer.

Les derniers jours sur Kérok se sont révélés bien étranges. J’étais heureuse de retrouver la terre de mes premiers faits d’arme, mais j’avais vite déchanté en voyant les lieux d’un regard nouveau. De plus, mon séjour dans le château m’avait rendue plus forte, sans que je m’en rende forcément compte et l’ennui avait commencé petit à petit à me ronger.

Kédrok est désormais peuplé de voleur à la petite semaine, d’assassin sans ambition et d’aventuriers imprudents. C’est dans cet état d’esprit que je rejoins le jeune félys.

Je suis accueillie par un Végas surexcité, visiblement aussi content que moi de voir un visage amical. Après quelques minutes de salutations amicales, de demandes de nouvelles réciproques et d’accolades chaleureuses, je saisis le félys par l’épaule.

Je retourne au château Végas, je ne tiens plus en place, je m’ennuie de ces terres. Je voulais les revoir une fois avant de voir ce qu’il y a de l’autre côté du château, mais je ne peux rester plus longtemps en ces lieux. Aussi… si tu as besoin de quoi que ce soit avant que je parte, n’hésite pas.

Un large sourire se dessine sur le museau de mon ami velu, sorte de mimique amusée et entendue.

Il n’y a qu’une seule chose que je te demanderai… Accepte ça en remerciement de ce que tu as fait pour nous aider.

Doucement, Végas sort de son sac un casque et une paire de botte d’une qualité excellente. Je n’en ai jamais croisé de pareil durant mes voyages, mais un simple coup d’œil me confirme que ce sont des équipements de qualité. A court de mots, je ne parviens qu’à balbutier des mots sans sens.

Avec douceur, Végas m’explique la raison de son geste. Me remercier de l’avoir aider dans le château, d’avoir ouvert des chemins, d’avoir tué des ennemis. De bon cœur, j’accepte ce cadeau, tout comme lui avait accepté ma protection.

J’ai agi ainsi, parce que les membres d’une famille se protègent les uns les autres.

Sans réfléchir, j’embrasse le chaton sur le front. Avec douceur, je saisis ses cadeaux et les inspecte avec ravissement. Je relève la tête et plonge mon regard d’acier dans celui du félys. Ni haine, ni colère entre nous, seulement, une franche amitié qui lie tous les Ithryn.

Le ciel commence à se teinter de nuance orangée, signe qu’il est temps pour moi de partir.

J’espère que nous nous recroiserons bientôt mon ami, et merci encore pour le casque et les bottes, je crois qu’ils me seront extrêmement utiles pour la suite de mon périple. Salue Boa pour moi si tu la croise.

Après avoir longuement saluer mon compagnon, je me dirige vers le portail, décidée à retourner au château et à découvrir ce qui se cache au-delà. Avant d’y pénétrer, je me retourne et aperçois le chaton au loin. Un signe de la main, un hochement de tête et je disparais dans le passage…
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MessageSujet: Re: On the road again (nous étions jeunes et larges d'épaules...   Lun 30 Jan 2006 - 15:24

Pfouh… Marre des chenilles, des arachnides et de toute cette fichue faune cavernicole…

Boadicea émerge au soleil, les yeux plissés par la luminosité soudaine. Epuisée, elle se frotte la tête du bras et récolte les quelques kilomètres de toile d'araignée qui se sont collés là pendant son interminable équipée souterraine. Ca fait des jours et des jours qu'elle sort d'une caverne pour plonger dans une autre, et franchement, là elle en a marre. Archi-marre.

La chevelure poussiéreuse et le regard creusé, elle avance en somnambule vers Bourgidus. Bourgidus, ses commerces attrayants, des rues animées et… son lac !!! Aaaaah, le lac ! Rien à fiche des boutiques et autres pièges à gopis, de l'air, de l'eau, de la paix !!! Elle traverse la petite ville pelotonnée contre sa falaise cuite et recuite par le soleil, passe devant le garde et pique un galop le long de la rive du lac, éclaboussant les arbres et les rochers, dispersant dans l'air quantité d'éphémères petits arcs-en-ciel d'eau… Dans un coin ensoleillé, elle connaît une petite crique bien calme et déserte, ombragée juste ce qu'il faut par un vieux frêne tout penché… La voilà, derrière ce gros rocher roux, SA crique à elle, SON frêne, SA petite cascade cristalline et babillante…

Quel délice ! Son barda bien planqué au fond d'une anfractuosité, elle patauge, elle batifole, elle s'imbibe… L'eau tiédie par le soleil la lave de toute la crasse de ces grottes profondes, la caresse des algues détend son corps las… Elle s'endort même pour une courte sieste, allongée sur les graviers, le corps baigné par l'eau claire, offerte au soleil et à la brise… Les vaguelettes soulevées par le vent doux viennent clapoter contre ses flancs abandonnés, déploient sa chevelure autour de son visage détendu, souriant, comme une vaste auréole de neige.

Un frisson la réveille. La nuit tombe et le vent fraîchit. Derrière les montagnes, le soleil finit de disparaître en jetant dans le ciel embrasé quelques derniers rayons d'or rouge. Elle sort de l'eau et s'ébroue. Elle attrape à pleines mains ses cheveux détrempés, en fait une grosse corde qu'elle tord de toutes ces forces pour en exprimer l'eau. De sa longue queue, elle fouette l'air autour d'elle en projetant toute une pluie étincelante qui bat les feuilles des fougères comme une averse de printemps. Puis elle reprend son bien dans sa cachette. Lentement, elle revêt sa cape et s'arme. Il est temps d'aller voir si le Capitaine a laissé quelques nouvelles. Elle regagne donc Bourgidus. Là, elle se guide au sons braillards de voix avinées pour gagner la taverne où ils ont convenu, avant leur séparation, de se laisser un petit message une fois leurs obligations remplies…

La gargote est bondée. Pas de place pour un félys, encore moins pour une centauresse, même petite… Au moment où elle jette par la porte ouverte un regard soupçonneux, un nain passe justement par la fenêtre toute proche, dans un beuglement sonore, avant d'atterrir dans une belle flaque de boue… Il tente une première fois de se relever, échoue également à la seconde, puis semble élire la flaque comme logement pour la nuit, s'y roule en boule et s'endort en ronflant…

Boadicea renifle de dégoût, regarde à l'intérieur si l'averse de nains est clamée ou pas. La météo est loin d'être favorable, mais les giboulées semblent calmées pour le moment… Elle se glisse en jouant des coudes jusqu'au bar, tenu par un humain pour le moins crasseux, et dont le regard reflète presque autant d'intelligence qu'un poisson mort depuis 8 jours… Non sans une pensée pour Kell, son tavernier saurus préféré, elle commande une chope du pissat de troll que cet abruti se plaît à nommer de la bière. Puis, sans un mot, elle lui montre le bout de bois taillé et coloré que Vegas lui a remis comme moyen d'identification. Sa patte habile de félys en a confectionné deux semblables, deux figurines figurant deux mains serrées…

Au vu de la statuette, le stupidosaurus tavernicus tend simplement la main sous le bar, et lui refile un bout de parchemin sale et déchiré. Elle paie sa pseudo-bière, l'abandonne sur le comptoir, et sort au plus vite… Ca empeste, là-dedans… Et elle a été obligée de lancer deux ruades à des imbéciles qui la tâtaient on ne peut plus indiscrètement, à la recherche d'un hypothétique gopi…

Une fois hors du boui-boui puant, elle enjambe le nain endormi, qui s'est vu depuis rejoindre par une femelle orc du plus joli verdache… Le couple incongru offre un magnifique concert de ronflements, tonnerre ample et majestueux du nain, reniflements et grognements en contrepoint de l'orc… Boadicea prend le galop et gagne rapidement les bois. Là, elle s'appuie à un rocher et déplie le parchemin.

Il comporte un dessin. Intriguée, la centauresse tourne vers la lune le message de Vegas. Puis elle retourne la feuille… Du côté visible, c'était un torchon déchiré et sale. De l'autre, une surface entièrement couverte de couleurs vibrantes… Boadicea sourit. Le paysage est clairement reconnaissable, et le souvenir en est toujours aussi vivace pour elle… Le pilier étrange dans la clairière, les bois touffus tout autour, un cadavre de chien caillou artistement disposé dans un coin, sa précieuse armure brillant au soleil… Et au milieu, un félys, bien reconnaissable, lui aussi, en train de saluer très bas une splendeur au teint de lait, à la croupe ronde et à la poitrine arrogante… Boadicea ne peut retenir un rire léger… Un conte lu jadis dans l'un des livres de son père lui revient en mémoire, une histoire à propos d'un flatteur et de celui qui l'écoute…

Elle replie soigneusement le parchemin et s'avance sur la route, vers le pilier où elle fit autrefois la connaissance du Capitaine Vegas InLove, félin voleur et compagnon fidèle… ou presque !


Le jour se lève comme elle parvient aux abords de la clairière. Silencieuse, elle approche, arc bandé, de la lisière du bois. Rien. Grand silence. Ni félys, ni rien. Elle reste immobile un instant, tous les sens déployés. La clairière est parfaitement calme et déserte. Elle relâche la corde de son arc et range sa flèche dans le carquois pendu à sa hanche gauche.

Un choc.
Un poids soudain au creux de son dos.
Un cri strident.
Réflexe, elle rue de toutes ses forces. Une ombre passe au-dessus de sa tête…

Plaf !
Quelque chose de gris vient de heurter le pilier avec un môÔÔÔôw ! de douleur.
Boadicea, hoquetant de surprise, reste plantée comme un piquet devant le Capitaine qui, grommelant moultes imprécations en langue féline, se relève péniblement… Reprenant contenance, elle finit par s'avancer, penaude…

- M'enfin, c'est des façons de traiter les copains, ça ! Espèce de bougre de croisement d'ânesse et de troll, mais qui c'est qui m'a fichu une partenaire pareille ! Qu'est-ce que t'as foutu de ton sens de l'humour, crétine de mélange à la noix ! Même plus possible de te faire une petite blague innocente, c'est ça ? Tu vas quand même pas me dire que tu m'avais pas entendu arriver ?

Cette dernière vitupération, émise avec la plus manifeste des mauvaises fois, réussit pourtant à achever la centauresse contrite… Elle balbutie de vagues excuses, essaie maladroitement de chasser la poussière des vêtements malmenés du Capitaine. Elle ramasse divers petits objets éparpillés dans sa chute, les lui rend, la mine basse, tandis qu'il l'assassine de son regard vert, la pupille étrécie de fureur.

-Ecoute, je savais vraiment pas que c'était toi, et puis j'ai pas pu m'empêcher, tu sais ! Même pas eu le temps de réaliser ce qui se passait, j'te jure ! Allez, Vegas, s'il te plaît pardonne-moi, hein ? Allez…
-Mmmmmmmwais. OK, on oublie.
Il s'éloigne de quelques pas en boitant ostensiblement.
- Tu as encore mal ?
- Ca ira,
rétorque-t-il avec hauteur, j'en ai vu de pire ! Il avance encore, ajoutant un gémissement en posant la patte droite au sol…

La centauresse se précipite à son côté pour l'aider à gagner un rocher éclairé par le soleil levant. Il s'assied en geignant, se massant le creux du dos…

- Tant que j'y pense, avant que tu ne mettes fin à mes pauvres jours par un autre accès de susceptibilité chevaline (Boadicea, rougissante, baisse la tête comme une gamine sous la réprimande), tiens, j'avais ça pour toi !

Ebahie, elle prend le petit paquet de tissu. Le regard interrogateur, elle l'ouvre, et révèle un petit pendentif doré… Qu'il est joli ! Elle l'élève dans la lumière naissante… Tout simple, il montre sur une face une forme de soleil, et sur l'autre un centaure bondissant, très stylisé, magnifique… Elle est clouée, là, Boadicea. Sans voix. Elle passe la chaînette autour de son cou, les mains un peu tremblantes, et le médaillon vient de lui-même se nicher entre ses seins nus… Une chaleur bienfaisante en émane. Une puissance… Elle se sent plus forte, plus grande, plus rapide… Le sourire vient de lui-même éclairer son visage, rayonnant, chaleureux…

Sans un mot, elle se jette à genoux au pied du rocher et étreint le félys de toutes ses forces décuplées. Elle le tient enlacé une seconde, puis le relâche et lui plaque un baiser fougueux sur la joue gauche… Quand elle se relève, chose étrange, le Capitaine n'a plus l'air aussi fâché…

Quelques temps plus tard, ils ont repris la route. Sur l'un des bas-côtés, une créature étrange se lamente… Un légume tout simple suffit à son bonheur… Côte à côte, le félys et la centauresse regagnent les souterrains du château. En chemin, ils se racontent leurs derniers déboires. Le félys rit beaucoup au récit des démêlés de sa compagne avec les arachnides, et celle-ci s'attriste avec lui du départ d'Alyssandre… Gardes, assassins et hallebardiers tentent vainement de perturber leur conversation.

Ils parviennent enfin en terrain inconnu… Une nouvelle grille s'ouvre devant leurs pieds. Un gros soupir agacé de Boadicea, une petite grimace résignée du Capitaine, et les voilà de retour dans les souterrains du château… Squelettes et plantes carnivores les assaillent à qui mieux mieux, et même, tiens, pourquoi pas, des hippopotames ! Enragés, s'il vous plaît ! Des hippopotames tout court, c'était pas encore assez redoutable…

Soudain, avec un ensemble parfait, les deux compagnons s'immobilisent et dressent l'oreille… Au milieu des bruits bizarres, des grognements de squelettes dépourvus de voix, des froissements de plantes mouvantes que nulle brise n'agite pourtant, se fait entendre un son pur, mélodieux, et d'une tristesse insondable. Un cri de désespoir, une musique de sourde détresse. Les deux compagnons se regardent. Impossible de ne pas y répondre… Le félys se glisse en souplesse en direction de l'être de qui émane cette plainte merveilleuse et terrible… Quand Boadicea le rejoint, il est immobile en bordure d'un espace dégagé. Planté tout raide sur le sol fangeux, il contemple une vision qui enchante de même la centauresse, la clouant immobile à son côté…



L'oiseau, immense, fantastique, lance au plafond invisible un long appel déchirant. Ses couleurs incroyables tranchent dans l'environnement glauque des souterrains comme une orchidée qui aurait poussé au milieu d'un tas de fumier… La bouche béante, les deux compagnons, ne savent que faire. Ils restent ainsi pétrifiés à la fois d'horreur et de ravissement, un long, très long moment…

Et ils sursautent de conserve quand la voix claire de l'oiseau les tire de leur transe ! Quoi ? Un oiseau qui parle ? Impossible ! Et pourtant… La mère griffon a perdu sa couvée, son œuf si précieux lui a été dérobé… Accusatrice, Boadicea lance un regard vers son acolyte… Dérobé, hein ? Le Capitaine ouvre les mains et hausse les épaules, exprimant pour cette fois son innocence… Mais… Attends un peu… Un œuf ?

Environnés par la musique prenante des pleurs de l'oiselle géante, ils se regardent en écarquillant les yeux. Un œuf, un très gros œuf… Et justement, quand ils étaient dans le jardin, plusieurs jours auparavant, n'est-ce pas un œuf que l'étrange loup leur a remis ? Cet œuf, Vegas le transporte depuis, enveloppé de chiffons souples. Peut-être…

Il sort précautionneusement l'objet si fragile, le sort de son nid de tissus. Sa coquille parfaite brille dans la pénombre du souterrain. Doucement, ils s'approchent de la mère en pleurs et lui tendent l'œuf, pleins d'espoir…

Le long cri de joie qu'elle pousse alors a de quoi faire écrouler tout le château de Barla ! Elle saisit délicatement l'œuf dans l'une de ses serres, bat doucement de ses ailes immenses et s'élève, passe au-dessus d'eux et s'en va retrouver son nid, caressant au passage leurs visages extasiés de ses longues ailes souples.

Après son départ, ils se regardent, sourient.

- On a fait notre B.A., ma belle…
- On dirait, oui… Dommage pour l'omelette géante…
- Avec les aromates qu'il nous pousse ici, ça n'aurait pas été bien terrible de toute façon…


La centauresse élague d'une flèche nonchalante l'aromate en question, une redoutable plante carnivore qui allongeait ses vrilles voraces dans leur direction… Leurs rires s'éteignent bientôt au loin, et un calme relatif revient dans ce recoin des souterrains comme ils retournent sur leurs pas pour regagner la surface et les couloirs du château de Barla.
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MessageSujet: Re: On the road again (nous étions jeunes et larges d'épaules...   Mar 31 Jan 2006 - 17:34

PARTIE IV : Derniers pas au château



Une centauresse et un Felys qui se promenaient...
Dans les couloirs du château.


Pfiouuuuu... Une pause bien méritée, ils s'arrêtent un instant dans la salle à manger.. vegas s'autorise quelques rapines alimentaires, sous l'oeil plein de reproches mais au fond bienveillant d'une Boadicea affamée.
ils s'offrent un repas frugal, le temps de prendre des forces et de faire le point sur leur parcours.
voilà des semaines qu'ils errent dans ce château, contournant les obstacles, dejouant les pièges, pour avancer, avancer, avancer... vers quoi ?

A leur arrivée, un vieillard emprisonné les mit au courant de la terrible machination qui se jouait en ce château, un disciple félon, un disciple de la secte de Tanedhel qui fait tant parler d'elle ces temps ci..
vegas est venu ici à la recherche de ses compagnons, il a retrouvé alyssandre, elle est desormais repartie, et c'est en des terres au delà de cette forteresse qu'il les retrouvera.
Un vieux qui perd la boule au fond d'un cachot...Quelle misère, mais ce n'est pas le problème du capitaine que de faire la loi parmis les culs nobles, les têtes couronnées n'ont qu'à laver leurs culottes à dentelles entre eux, ce n'est pas son problème.

Un groupuscule para religieux tel que les adorateurs de tanedhel, boaf.. Rien à foutre, tant qu'ils ne viennent pas chercher des noises au felys.
Mais bon... Parcourir ce château peut être une aubaine, car qui dit château dit seigneur, qui dit seigneur dit pouvoir, et qui dit pouvoir dit... richesse.
Depuis le temps qu'ils arpentent chaque recoin de la batisse, trouvant des mecanismes de verouillage archaïques que même un troll saurait déjouer (le coup des statuettes est eculé), le capitaine se dit que la salle du tresor finira bien par tomber sur leur route..

Et puis, et puis.. Il y a boadicea, la centauresse, celle qu'il avait choisi comme garde du corps, celle qu'il avait choisi de mettre à son service usant de son argent.
Mais celle qui devint peu à peu son amie, un comble, une adoratrice de la nature, du bien, une rôdeuse a grand coeur pleine d'idéaux et de combats justiciers, que cet aigri de capitaine a depuis longtemps oublié.

Boadicea liberera les sages, elle pourfendra Tanedhel.. Elle est juste et doite, même le pognon que met vegas à sa disposition, elle compte bien le lui rendre gopis par gopis.

Elle est folle, elle ne connait pas la malice, elle ne connait pas le compromis. Vegas l'admire, et bien qu'il n'ai jamais cru en la justice, ben il a bien envie de l'épauler, la belle, d'autant qu'il y a moyen de faire du fric au passage..


Ils sont restaurés, vegas jongle avec trois pommes et raconte des idioties qui font rire aux éclats la centauresse.. les Ithryn lui manquent..Aaaah, une bonne veillée au coin du feu, poésies, acrobaties, spectacles et beuverie..
mais l'heure n'est pas à la nostalgie.


Ils redecendent au souterrain, car c'est là que la clé se trouve, c'est sûr, le fonctionnement de ce château leur est desormais routinier et presque ennuyeux.
Ainsi ils évient les squelettes, déracinent quelques plantes afamées, parcourent les voies boueuses et odorantes de cet infâme lieu humide et crasseux jusqu'à arriver à une fontaine..

> Aaah.. encore une fontaine délicieuse,on va pouvoir reprendre définitivepent des forces ma belle, tu te rappelle de cette fontaine en haut, et b.... POUAAAAH sprruuuuut!! grrrahhh, mais c'est immonde !


Vegas pose un genou à terre, le teint livide, boadicea est inquiète et se penche vers lui..

> Qu'est ce que c'est que cette flotte ! Nom d'une putain moustachue ! j'aurais du m'en douter ! tout ici est infesté...

Il peine à retrouver ses esprits, quand une voix nasillairde et agaçante se fait entendre...

>> Hihihihihihiii, le chaton l'est pas content ! le chaton l'est tout poilu !

Et c'est stupéfaits que Boa et vegas tombent face à face avec un petit être au teint blobbé et au aciès ridicule, un deces êtres auquel on a envie de filer un coup de pied avant même qu'il ait parler..



>> Hihihihihihiiii, la jument l'est pâlotte !
J'ai faim ! je m'appelle Kiri, kiri le diablotin, pis j'ai faim, donner moi à manger, allez, à manger ! Hihihihihiiii ! c'est pas bon le blob, c'est crasseux !

> Toi, tu dégages bordel à fiante, ou c'est ma lame que tu vas avaler ! Allez ! dégage !
> Ho ! Du calme capitaine.. Ce n'est tout de même pas lui qui a empoisonné cette fontaine.. Tiens Kiri, voilà un bout de pain.

Vegas est irrité,il a l'estomac en feu, et ce bestiau moqueur lui donne la nausée, Boadicea est d'une nature franche et généreuse, elle donne sans compter, Raison de plus pour Vegas d'être enervé, qu'est ce que c'est que ces manières ! Si tout le monde était honnête, où irait-on ...

>> Hihihihihihiiii Bon! Bon! Encore faim ! Encore faim! Donnez à manger à Kiri et il vous dira un secret, un super secret ! Un secret du château !
> Hein ?!! Tu sais où est la salle du tr... Heu.. Comment acceder à la salle du trône ?
>< Hihihihihihiiii, faim !!
> Mais qu'il est con, nom d'un elfe sourd ! Tiens ! Après tu parles ou je t'égorge !


Il restait à Vegas une des pommes avec lesquelles il avait improvisé un spectacle à sa partenaire un peu plus tôt.Pomme qu'il jette au diablotin..
Kiri dévore le fruit en deux bouchées.. Boadicea et le capitaine attendent qu'il leur donne une info....


>> Hihihihihihihhiii.....
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MessageSujet: Re: On the road again (nous étions jeunes et larges d'épaules...   Jeu 2 Fév 2006 - 13:28


- Ahhhh ! Bon ! Bon ! Mais pas tout ! Eau fontaine, pas bon, berk, mal didine ! Kiri aime pas l'eau, Kiri veut à boire quelque chose de meilleur ! Et après secret ! Secret ! Allez le chat, le cheval, à boire ! A boire pour Kiri !!! Y'en a marre du jus de blob !

Oups ! Avertie par un feulement de tigre mangeur de diablotin qui résonne subitement à ses côtés, Boadicea chope de justesse un Vegas hors de lui qui se préparait à bondir, oreilles horizontales et toutes griffes dehors, sur le machin vert à la voix de crécelle… Et comme il se débat comme un beau diable en crachant des "lâche-moi, que je le saigne", elle emploie les grands moyens : pour permettre au petit bidule horripilant quelques jour supplémentaires de vie dans la lumière crépusculaire des souterrains, Boadicea se met à la duplicité… Elle n'est pas fière d'elle. Mais y'a pas d'avance, sans ça le Capitaine va l'étriper…

Elle le retient par la tête afin d'être plus près de ses oreilles velues, et chuchote : "si tu le tues, adieu secret…". Puis elle le lâche. Heureusement qu'il ne la regarde pas, car sa tête en dit long. Elle aurait voulu, aurait dû lui dire : "laisse le en paix, c'est pas de sa faute si il parle comme une porte qui grince et si il est petit, vert, et (admettons-le) casse-balles au possible" et au lieu de ça… Elle a honte, la centauresse… C'était pas mentir, non, mais c'est plus proche de la manipulation que de la franchise… Petite entorse à sa conscience en vérité… Mais amplement suffisante pour qu'elle se sente sale…

Elle entraîne le Capitaine ulcéré hors des souterrains. Elle a besoin de verdure. Elle a besoin de s'appuyer à un tronc d'arbre. Elle a envie de pleurer. Ce monde est en train de la rendre aussi pourrie qu'une pomme véreuse. Un tout petit trou en surface, et dedans, ce n'est qu'un infâme magma brunâtre au goût ignoble, à la place de la chair blanche et juteuse… Elle se dégoûte. Cette toute petite faute, infime, dont elle ne parlera même pas, pasqu'il se foutrait d'elle, Vegas, et il aurait bien raison, en plus, mais cette toute petite faute lui paraît démesurée, à elle… Comme une porte ouverte, un tuyau tout petit qui amènerait dans une source claire l'eau sale d'un égout…

Elle repart vers le jardin, sans même consulter son compagnon qui, tout à sa fulmination, ne conteste pas l'itinéraire… Et là, chacun retourne pour un temps vaquer à ses activités. Le Capitaine part rôder vers un certain coffre en sifflotant, tandis qu'elle cherche un endroit calme, dans un coin du jardin… Un bosquet d'aulnes au bord du lac, cerné de broussailles et de fougères odorantes, accueille pendant plusieurs heures sa méditation silencieuse…

Beaucoup plus tard, un joyeux charivari la tira de son immobilité…
- Boaaaaa ! Où t'es ? Boaaaaaaaaa !

La voix de Vegas, un peu distordue, lui parvenait depuis l'autre rive de l'étang. Elle se releva, quitta son bosquet et, guidée par le son, découvrit bientôt le Capitaine… Interdite, elle resta à le contempler un instant…

Il tenait embrassé le tronc d'un jeune chêne, les pieds plantés à plus d'un mètre de l'arbre, affalé à moitié par terre et à moitié sur le tronc. La joue collée contre l'écorce rugueuse, il chantait à pleins poumons…

Et puis quand j'ai vu ses jolies mirettes
Prendre une aut'couleur que cell'des verts prés
Couleur viens-tout-de-suite, couleur je-suis-prête
Je m'suis dit mon chat, faut pas déconner

C'est la fille du roi, mêm' si la minette
Te sors de tes chausses sans qu't'aies rien d'mandé
L'père te f'ra quand mêm' couper les roupettes
Capitaine mon gars, t'y tiens et tu l'sais

Alors, que j'lui dis, jolie damoiselle…


Deux petits coups sur l'épaule firent aussitôt cesser cette douce complainte… Le Capitaine s'affala sur le côté, l'œil vaseux, sur un "Boaaaaa ! T'es là ! Ch't'attendais, hups, gââârt' c'que j'ai trouvé !".

Et d'exhiber un flacon. Vide.

D'un œil froid, la centauresse examina les vêtements du Capitaine, maculés de rouge sombre… Le grand sourire idiot du Capitaine aurait suffit à lui seul à la renseigner sur la nature et la destination du contenu de la bouteille, mais ces taches sont une preuve accablante de plus…

- Hips, j't'en ai laissé tout plein, r'garde, y'en a encore bien, ooooh, une grosse demi gorgée dans le fond, j'dirais, et puis tu sais, hips, c'est pas de la piquette ! Ca traînait tout seul sur une table dans un coin, fou, ça, non ? Les gens ils abandonnent n'importe… PLAOUF !

Un silence.

Puis : "Merci, ça va mieux."

Plotch, plotch, plotch. Le Capitaine pataugea hors du lac, se dépouilla de certains de ses vêtements, les tordit, puis les réenfila. Le tout sous le regard implacable de la centauresse, plantée au bord de l'étang comme un reproche vivant, les bras sévèrement croisés, les yeux comme deux éclats d'obsidienne.

Quand il croisa enfin le regard de sa coéquipière, Vegas tenta un petit sourire, mais rien à faire.

- Allez, quoi, t'es pas drôle… On a bien le droit de se détendre un peu ! Rien qu'une goutte de pinard, quoi ! Tu vas quand même pas nous en…
- Et Kiri, bougre d'abruti ! T'y as pensé ?
- Oh, hé, hein, on s'en fout, de cet asticot ! Franchement, ça me ferait mal de lui refiler du pinard de cette classe-là, et puis…
Et puis le capitaine se tut. Le secret. Merde. Oh la gaffe.
- Ouais, comme tu dis !
- Rhô le con que je suis ! Mais bon, pas grave.
- Ah non, pas grave ? Indique-moi une cave ici où il y ait autre chose que des trucs imbuvables et je te dirai que c'est pas grave ! Soiffard ! Pochtron ! Eponge velue et moustachue ! Bougre de crétin plein de poils !
vitupère la centauresse, oubliant sur le fait que les 75 % de son corps à elle sont tout aussi pleins de poils…
- Ca va, ça va, du calme ! Y'a qu'à lui donner la deuxième bouteille !
-… G…


Là dessus la centauresse, mouchée comme une chandelle, saisit le flacon presque vide et s'en envoie la dernière lampée, avec des gestes d'automate… Le Capitaine redresse son désordre vestimentaire autant que faire se peut, puis prend les devants, suivi pas une Boadicea qui décidément, hein, pfff, il est temps que ça se termine, cette histoire, j'ai besoin de vacances…
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MessageSujet: Re: On the road again (nous étions jeunes et larges d'épaules...   Lun 6 Fév 2006 - 18:30

Il a un petit mal de caboche, le felys.

Sacrée Boa, quelle ardeur, en voilà une alliée de
choix. N'empêche.. Le capitaine compte bien lui faire
prendre une bonne cuite pour fêter leur nouvelle
fortune..

Oh oui.. Une fois la salle aux tresors découverte, ses
joailleries, ses objets rares, ses livres d'or..
La fortune, enfin, de l'or à foison, de quoi vivre
comme un nabab puissant jusqu'à la fin de ses jours,
aaaah... La fortune...


> Hého ! Tu te réveille ?!! On a un diablotin à
hydrater je te rappelle !

> hein.. Heu.. oui.. oui oui..

Vegas se surprend parfois à rêver d'or et de pouvoir,
ses vieux démons ne sont pas endormis, elle ce château
a la fâcheuse tendance de l'ecarter de sa nouvelle
ligne de conduite.
Il a abandonné la piraterie, que diable !
Aujourd'hui, c'est spectacles et rapines avec ses
amis...


L'équidée et le félin pénètrent dans le souterrain.
Oui, bon, ça pue toujours autant par ici, c'est
toujours aussi vaseux, rien de neuf.
Vegas se surprend à imaginer incendier ce maudit
château après leur départ.. Rhaaaa, mais c'est pas
possible ces pulsions !

Et là, Kiri l'infect petit être qui semble comme un
poisson dans l'eau dans ce décor affreux fait son
apparition..


>> HIhihihihihihiiiiiii, à boire ! Z'ètes pas beaux, à
boire et j'vous dit un secret !


Il sort de sa besace la bouteille escapée de sa beuverie...

>> Hihihihihi !! gentil chat !


L'ignoble petit être boit goulument..

>> rhaaaaaaaaa.. Hihihi, encore ! Encore à manger, encore à boire !

C'en est trop, Vegas se jette sur le diablotin, sort sa dague et semble bien decidé à lui trouer le larynx. boa n'a pas le temps (en a t-elle seulement envie ?) de réagir..

> Sacré nom d'une putain à moustaches ! Si tu t'es foutu d'nous..

>> GNihihihi !! Gentil Chat ! gentil chat ! Fait pas d'mal à Kiri !! là bas ! là bas derrières les jarres...

Le capitaine bondit, il est excédé, enfin ! Enfin ils vont avancer ! peut être la salle du trône ou celle du trésor ouvriront leurs portes...
il fonce et Boadicea a bien du mal à le rejoindre, et lorsqu'elle arrive, c'est un chaton deprimé qu'elle trouve...

> Quoi ?
> Pfffff, voilà son secret... Encore une maudite statuette, encore un mécanisme d'ouverture, encore une étape à franchir...Je..Je ne sais pas Boa.; je ne sais plus.. j'en ai marre de ce maudit château...
La tour, c'est ça ?..
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MessageSujet: Re: On the road again (nous étions jeunes et larges d'épaules...   Mar 7 Fév 2006 - 12:22

- Oui, mon chaton. La tour…
Ce que ça lui fait mal au cœur de le voir comme ça… Le Capitaine hâbleur et pétillant est assis, à demi prostré au pied de la statuette. Qu'est-ce qu'il attendait au juste, elle ne sait pas. La salle du trône, elle espérait elle-même en trouver la clé, elle est déçue aussi, mais là, c'est plus que de la déception, c'est presque du désespoir…

Elle sait pas quoi faire, la centauresse… Elle lui ferait bien un petit câlin, au chaton, mais il est si fier, il risquerait de mal le prendre, en plus… Alors elle se contente de lui poser une main sur l'épaule et de presser doucement. Puis elle lui tiraille un peu le bras pour le remettre debout et elle l'entraîne vers la sortie.

Les araignées qui les accueillent ne leur font même pas tourner la tête. Même la vue du coffre, là-bas, et des bourses rebondies qui lui font toujours luire le regard laissent cette fois le Capitaine étrangement indifférent… Inquiétant. Il a l'air complètement démotivé. Et sa morosité commence tout doucement à jouer sur son humeur à elle aussi. Son marasme de quelques heures plus tôt lui retombe dessus plus lourd qu'une massue de troll, et elle voûte les épaules…

Ah non pas de ça. On va pas se laisser bouffer par un contretemps, non mais des fois ! Elle se redresse d'un coup, le visage résolu. Plein de fois c'est Vegas qui est venu lui regonfler le moral et lui redonner espoir ? A elle à présent ! Son pas devient plus vif, plus rapide, attirant vers elle un regard vaguement surpris du Capitaine.

- Ben quoi, y'a le feu quelque part ?
- Ouais ! J'en ai ma claque de ce tas de pierre et j'ai envie d'aller voir ailleurs ! Alors on termine une bonne fois ce qu'on a à faire ici et ON SE TIRE ! Le petit vieux du jardin, tu te rappelles ? On va le voir en haut de cette fichue tour, on redescend, et si la porte de la salle du trône est encore fermée, on la crame et on passe ! Qu'est-ce que t'en dis ?


Un vague sourire revient sur le visage velu du Capitaine… Voilà qui fait merveilleusement écho à ses récentes envies pyromanes… Dans ses vertes prunelles, le reflet brillant du feu imaginaire remet une lueur de vie… Un rictus lui expose les crocs en réponse à sa compagne, et il se lance, souple comme la soie et aussi silencieux, à l'assaut des escaliers.

Autre chose que d'y faire passer la centauresse… C'est tout petit ici… Aïe, ça coince, là derrière ! Elle force vers l'avant, bernique, elle essaie de reculer, pareil. Effrayée autant que furieuse, la voilà qui profère d'effroyables jurons en centaurien du Nord… Elle se secoue dans tous les sens, mais ça ne fait que resserrer sur elle l'étau de pierre. La poisse… Elle a toujours été un peu claustro…

- Vegaaaas ! Arrive, j'ai un problème !

Le chat, surpris, apparaît au détour d'une spire de l'escalier, la regarde ahuri… et s'écroule de rire. La centauresse est rouge d'effort, de honte et de rage. Elle a beau invectiver le félys dans toutes les langues qu'elle connaît et lui enjoindre de lui venir en aide au lieu de se payer sa fiole, non mais c'est pas croyable, ça, le pauvre est mort de rire. Il hoquette, il sanglote, il étouffe. Et toute la tension et le découragement de ces derniers jours s'expriment dans ce fou rire irrépressible. Il aimerait bien se calmer, Vegas, mais un regard à la jument coincée dans l'escalier, écarlate, le visage crispé et les yeux furieux, le fait repartir de plus belle.

Enfin, ses soubresauts et convulsions semblent diminuer, puis s'éteindre. Boadicea s'est appliquée à respirer calmement, à se détendre, toute sa discipline, tout son self-control passent à tenter d'endiguer l'envie dévastatrice de ruer et de hurler contre la pierre de l'escalier, contre ses grosses fesses de jument et contre l'animal à poils et à griffes tordu de rire juste hors de portée de ses sabots…

Les yeux noyés de larmes, le félys se frotte un peu le museau. Encore secoué de spasmes, il s'approche de sa compagne et examine le problème… On dirait bien qu'elle n'est pas la première à coincer là-dedans… Y'a des traces sur le mur, couleur vert troll, et des impacts de coups de sabots. Il y a même, détail inquiétant, un vieux crâne poussiéreux deux marches plus bas… Un gros crâne épais avec des dents proéminentes… Comment les autres s'en sont tirés, aucune idée. Mais pour Boa, là ça devrait pouvoir marcher. En fait, elle s'est engagée de travers. Sinon, elle serait passée à l'aise… Le sac qu'elle porte au côté est pour beaucoup dans sa situation actuelle. Couper la lanière et essayer de dégager le sac ? Mmmm, il est bien coincé, quand même…

Laissant son regard errer en quête d'une solution, il aperçoit un peu plus haut une lampe à huile… Bingo ! Il ne fait qu'un bond jusqu'à la lampe, souffle la flamme et saisit le récipient avec précautions. Puis il redescend vers la centauresse qui le regarde, interloquée, déverser de l'huile chaude entre son flanc et le mur extérieur… Un peu d'huile de l'autre côté, et Boa sent son corps glisser hors de sa gangue de pierre. Effarée, elle voit le félys attraper son sac et le tirer vers lui, et tout à coup, la voilà libre ! Quelques instants plus tard, elle arpente le palier de la tour, soulagée, mais honteuse de sa sottise… Compris, pour le retour, le sac ce sera dans le dos qu'elle le portera…

C'est une jument poisseuse et un félys hilare qui louvoient entre les gardes pour atteindre la salle du haut… Et il est bien là le petit vieux. C'est agréable de voir une personne fiable, au moins dans toute cette histoire à la noix…

Il est très fier de nous, quelle bonne nouvelle… On a fait plein de choses bien, ben voyons… Il lui faut des plumes de griffon, tiens papy, y'en avait plein près de la maman griffon dans la cave… Et il nous reverra sur Barla.

Bon ben c'est constructif tout ça ! Ca veut dire qu'on peut clôturer toute cette foutue embrouille de félon et compagnie ? Ah ben on est bien contents ! On descend, le chat ? On descend, la jument.

Et hop ! Revoilà nos deux compères devant la porte de la salle du trône…

- Après toi Vegas je t'en prie…
- Du tout du tout, je n'en ferai rien !
- Oh allez, je sais que ça te ferait plaisir…
- Justement ma belle, c'est pour mieux te l'offrir !


Et ça glousse, et ça minaude, et ça se fait des salamalecs… Pour finir les voilà qui posent ensemble la main et la patte sur la clenche de cette porte tant attendue, convoitée, espérée, et… Elle s'ouvre ! Lentement, majestueusement, l'immense double vantail s'écarte devant eux… Une gigantesque salle tapissée d'un rouge opulent, éclairée de torches d'or, brillantes, riche, majestueuse… Et là, tout au fond, dressé dans toute sa splendeur sur fond de drapés de velours, le trône. Immense cathèdre austère, ornée de dorures, posée sur trois marches d'estrade revêtue de tapis. Et juste devant… Un microbe. Petit machin insignifiant. Ca, Vémir ? Peuh, en trois coups je l'aligne. La centauresse a déjà bandé son arc quand un coup sec sur le bras détourne son attention. Le Capitaine lui indique par geste la gauche du trône. Effectivement, il y a comme un trou, là… Et l'autre nouille qui leur tourne le dos… Bon, oui, d'accord, on y va ! Insistant, Vegas l'attire vers l'orifice.

Et voilà, encore un souterrain ! Rhôôôô j'en ai plus que marre !

- Et pourquoi qu'on l'a pas tué tout de suite, le félon ? Hein ?
- Je sais pas, je le sentais pas !
- Tu le sentais pas ? Non mais tu veux rire ? Et pourquoi est-ce qu'on se traîne dans ce fichu château depuis des semaines, si c'est pas pour lui redessiner la mâchoire, à cette crevure de Vémir ?


Le regard oblique du Capitaine la déconcerte… Il avance dans le souterrain sans lui répondre. Excédée, elle lâche un grognement agacé, puis lui emboîte le pas… Qu'est-ce qu'il faut pas faire, j'vous jure…
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MessageSujet: Re: On the road again (nous étions jeunes et larges d'épaules...   Jeu 9 Fév 2006 - 20:17

Ils s'introduisent dans le souterrain, cette partie est calme, on y croise quelques squelettes et autres hippos irritables, mais le coin est moins dangereux.
Le capitaine a espéré un moment que ce passage près du trône soit le chemin de tous les trésors.
Mais bon, ne rêvons pas plus, Vegas semble résigné, ce maudit château ne possède pas plus d'or que la première chaumière d'Antika. Mais s'il y a le moindre trésor en ces lieux, l'autre enflure de Vémir va prendre cher, et il parlera..

Mais Vegas a quelque chose en tête.
Boadicea le suit allègrement, sans chercher à comprendre plus, Elle en a sa claque des souterrains, mais voue une confiance aveugle au Félys.. Il a mauvais caractère, il se démène pour avoir l'air d'une canaille sans scrupules, mais il est tellement attachant, c'est un tendre au fond ce vieux pirate..
Aussi, lorsqu'il l'entraîne dans ce souterrain, elle se fie à lui, elle accepte d'épargner pour un moment le félon serviteur du mal..


Vegas s'arrête soudain.. Il estourbit une verdure trop affectueuse, puis se dirige vers un renfoncement dans la paroi rocheuse poisseuse hideuse...

> Toujours à l'heure, monsieur le bouffon...




Arlequin

Pardon mon ami, jamais à l’heure, je sais ! Mais il y a des impératifs, tels que s’attarder sur une belle rencontre et en faire le contour, soigner son détour et lui conter fleurette. Je te passe les détails croustillants, je connais ta curiosité et si j’explique, tu vas me poser mille questions et notre petite affaire ne sera jamais réglée en temps et en heure.

Et puis, un homme peut attendre, mais ô grand jamais, on ne doit faire attendre une dame ! Boadicea a beau posséder l’arrière-train d’un canasson, elle n’en présente pas moins un torse à tomber par terre…
Je sais qu’elle n’aime pas qu’on y fasse allusion, mais j’aime à la taquiner sur le sujet !

Bon… J’ai deux ou trois petits outils, trouvé sur quelques cadavres : de belles cuissardes, une armure et un chapeau.
Bouge pas et fait le guet pendant que je fouille dans mes affaires…

Bon sang, quel foutoir, la dedans… Du bruit ! Solm !

YEAAAAAAAAHHHHHHHH !!!!!! Sus au Solm !!!!!!!!


Concentration, bâton en main, voici une boule de feu qui devrait renvoyer le Solm directement à Vorach !

Pousse toi un peu mon ami, la magie est parfois capricieuse et je risquerais de te blesser…

PSSSSSSSSSSSS…. SSSS…. T… FFFFUT !

Et merdeeeeeeeee, pas plus de mal, que si je lui avais balancé un pétard mouillé… Foutue magie de cureton !

Tiens, prend ces armes et essaye de lui vider les poches au passage… Je dois repartir sans attendre, une petite conversation m’attend et ne me demande pas avec qui… Tu sais, ta curiosité…

J’oubliais, passe un bonjour chaleureux à ta compagne de chasse, j’ai le plus profond respect pour elle et ses… Enfin, bref !

***
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MessageSujet: Re: On the road again (nous étions jeunes et larges d'épaules...   Lun 13 Fév 2006 - 22:38

vegas repart dès lors bienheureux avec ses petits cadeaux, essaie de faire les poches du solm agacé, lequel lui envoie un grand coup de pompe dans le buffet en repésailles..
Le chaton a juste le temps de filer en vitesse avant de se faire occire pour de vrai...

Et c'est en panique qu'il rejoint Boa, agacée elle aussi..

> On ya vaaaaaa !!!

> Hein ?! Oui, bon, je te suis... (comprendrai jamais cet energumène..)

Vegas galope devant, suivi par la centauresse..
Cette fois, il est temps, Le chaton revêt la cuirasse offerte par son sorcier surpuissant preféré, et bien décidé à en découdre avec l'infâme félon qui semble très peu préoccupé par l'insalubrité revoltante de ses souterrains..

Mais c'eut été si simple..

Alors qu'ils empruntent un passage discret, un être certes moins infect que le diablotin, mais qui tombe encore bien mal leur barre le chemin...

Un mineur visiblement, un saurus pas gâté par mère nature, ce qui est un comble pour queqlu'un de cette race, dont les canons de beauté durent être établis par cette même dame nature un soir de cruelle déprime..
Boadicea en douterait presque de l'absolue bonté de la déesse...

S'en suit une sombre histoire de pépites, le bestiau est triste car il a perdu des pépites, des pépites d'or ? Tonton vegas va te les ramener, hein...
Le chaton part à la recherche dedites pépites, à défaut d'une salle du tresor digne de ce nom, ce sera une juste compensation...

D'ailleurs, ce lézard est un idiot, la centauresse et le felysretrouvent les pépites en moins de temps qu'il n'a du lui falloir pour les perdre.
Et Vegas prend le chemin du retour, bienheureux avec le modeste trésor.


ben.. Botter le cul du félon..
> Vraiment ? Et tu comptes le lapider à grands jets de pépites peut être ? Allons chaton, soit un peu honnête, veux-tu ?
> Ooooh, si ça se tr...
> Va donner ces pépites au petit saurus, Vegas, tu ne le regrettera pas..

Dit la centauresse avec un clin d'oeil évocateur... Saurait elle quelque chose ? Aurait elle trouvé le moyen de démontrer au crapuleux felys toute l'interêt d'être bon.. Ce mystérieux lézard qui semble absolument passionné par la fouille de cet environnement à vomir serait... une clé ?

Il ne lui en faut pas plus, elle va voir que le capitaine sait être magnanime, il file voir Rudi, ah oui, parce qu'il s'appelle Rudi en plus, le pauvre...
> Je... Tiens, tes pépites.. Rudi.. Pfffffhuk huk huk huk huk !!!! Je ...hum..

> C'est mon prénom qui t'amuse ? C'est pas possible, tu as trouvé tout mon or. Comment te remercier ? Je n'ai rien à part ces pépites... je ne peux te les donner...
Merci de tout coeur. Il est rare de voir des gens comme toi à l'heure actuelle. Ca bouge beaucoup sur SarWyen en ce moment. On ne rencontre plus que des gens mauvais.En tout cas, sache que le jour ou je te recroise, je saurai te remercier comme il se doit. A bientôt mon ami.

> Hein ?!!! heu.. Oui, bon ben.. Oui, n'est ce pas, bon courage...


Merci mon ami, gna gna gna, tu es trop gentil, gna gna gna, tu es quelqu'un de bon.. Gné gné gné.. Vegas est excédé, ce lézard l'a pris pour un vrai cureton, la honte, mais la hoooonte !! Il aurait peut être du égorger le bestiau, histoire que cette histoire ne s'ébruite pas..
Il retrouve Boa, laquelle est radieuse, un sourire qui illuminerai presque le souterrain..


> Tu t'es foutu d'moi, hein ?
> Tu as fait une bonne action, je commence à penser avoir une bonne influence sur toi..
> Rhaaaa ! Ah non ! pitié, allez, on a un félon à écrabouiller !!
> c'est partiiii !


Les deux compères se lancent en direction de la grille, bien décidés à en finir avec vémir, avec ce château, avec tout ce micmac visqueux qui pue, qui pète, amen.
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On the road again (nous étions jeunes et larges d'épaules...
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